Assurance-chômage : la gauche syndicale face à l'offensive patronale

Par Renaissance 24/02/2026 à 13:07
Assurance-chômage : la gauche syndicale face à l'offensive patronale

Les syndicats français unis contre les attaques patronales sur l'assurance-chômage. 400 millions d'euros d'économies demandés, mais à quel prix ?

Une mobilisation syndicale sans précédent

Lundi 23 février 2026, les cinq principales centrales syndicales françaises ont fait front commun pour défendre les droits des travailleurs. Une conférence de presse exceptionnelle s'est tenue au siège parisien de Force ouvrière (FO), marquant une rare unité face aux exigences patronales dans les négociations sur les ruptures conventionnelles.

À deux jours d'une séance cruciale prévue mercredi, les syndicats ont envoyé un message clair : « Il est exclu de réduire les droits des travailleurs à la hauteur des demandes patronales », a déclaré un porte-parole de la CGT, qualifiant cette initiative de sans précédent.

Un enjeu de 400 millions d'euros par an

Les discussions s'inscrivent dans le cadre d'une lettre du ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, datée du 29 novembre 2025. Le gouvernement souhaite un accord générant au moins 400 millions d'euros d'économies annuelles, notamment sur la prise en charge des ruptures conventionnelles.

Mais les organisations patronales, toujours promptes à défendre les intérêts du capital, ont élargi le débat. Lors de la précédente réunion du 19 février, elles ont proposé des mesures supplémentaires : restrictions pour les intermittents du spectacle, durcissement des conditions des travailleurs frontaliers, et récupération des « trop-perçus » d'allocation chômage.

Une stratégie patronale agressive

Selon les syndicats, ces propositions cachent une volonté de précariser davantage les travailleurs. « Le patronat veut profiter de la crise pour imposer des réformes régressives », a dénoncé un représentant de la CFDT.

Les employeurs, eux, justifient leurs demandes par la nécessité de rééquilibrer les finances publiques, un argument souvent utilisé pour masquer des politiques d'austérité. Pourtant, comme le rappelle la CGT, les excès du patronat coûtent bien plus à la collectivité que les droits des travailleurs.

Un contexte politique tendu

Cette négociation intervient dans un climat social déjà dégradé, marqué par la crise des services publics et les tensions autour des élections de 2027. Le gouvernement Lecornu II, sous la présidence d'Emmanuel Macron, tente de naviguer entre les exigences patronales et la colère syndicale.

Pour l'instant, les syndicats refusent toute concession.

« Nous ne laisserons pas le patronat et le gouvernement sacrifier les acquis sociaux »
, a martelé un représentant de Solidaires.

Reste à savoir si le gouvernement osera imposer un accord défavorable aux travailleurs, au risque de relancer la mobilisation sociale.

À propos de l'auteur

Renaissance

J'ai travaillé quinze ans dans l'industrie avant d'être licencié lors d'une délocalisation. Mon usine était rentable, mais pas assez pour satisfaire les actionnaires. Ce jour-là, j'ai compris que le système économique dans lequel nous vivons est profondément injuste. J'ai repris des études, je me suis formé au journalisme. Aujourd'hui, je donne une voix à ceux qu'on n'entend jamais dans les médias : les ouvriers, les précaires, les invisibles. La France périphérique existe, et elle doit parler.

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Commentaires (5)

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Ingénieur perplexe

il y a 7 heures

Intéressant de voir que cette attaque vient juste après les élections. Comme par hasard... En Allemagne, les réformes de l'assurance chômage ont été plus progressives. Pourquoi pas ici ?

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H

HGW_304

il y a 8 heures

Nooooon mais sérieux ??? 400 millions d'éco sur l'assurance chômage ??? Ils veulent qu'on crève ou quoi ?!!! Ptdr...

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dissident-courtois

il y a 6 heures

@hgw-304 T'inquiète, ils vont trouver un moyen de te faire payer. Comme d'hab.

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T

ThirdEye

il y a 10 heures

Les patrons veulent toujours plus d'économies sur le dos des travailleurs. Mais qui va payer la crise quand les gens n'auront plus les moyens de consommer ? On tourne en rond...

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N

NightReader93

il y a 9 heures

@thirdeye Exactement ! Mais est-ce que les syndicats ont des propositions concrètes pour éviter ces économies ? Ou juste des critiques ?

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