Une mobilisation syndicale sans précédent
Lundi 23 février 2026, les cinq principales centrales syndicales françaises ont fait front commun pour défendre les droits des travailleurs. Une conférence de presse exceptionnelle s'est tenue au siège parisien de Force ouvrière (FO), marquant une rare unité face aux exigences patronales dans les négociations sur les ruptures conventionnelles.
À deux jours d'une séance cruciale prévue mercredi, les syndicats ont envoyé un message clair : « Il est exclu de réduire les droits des travailleurs à la hauteur des demandes patronales », a déclaré un porte-parole de la CGT, qualifiant cette initiative de sans précédent.
Un enjeu de 400 millions d'euros par an
Les discussions s'inscrivent dans le cadre d'une lettre du ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, datée du 29 novembre 2025. Le gouvernement souhaite un accord générant au moins 400 millions d'euros d'économies annuelles, notamment sur la prise en charge des ruptures conventionnelles.
Mais les organisations patronales, toujours promptes à défendre les intérêts du capital, ont élargi le débat. Lors de la précédente réunion du 19 février, elles ont proposé des mesures supplémentaires : restrictions pour les intermittents du spectacle, durcissement des conditions des travailleurs frontaliers, et récupération des « trop-perçus » d'allocation chômage.
Une stratégie patronale agressive
Selon les syndicats, ces propositions cachent une volonté de précariser davantage les travailleurs. « Le patronat veut profiter de la crise pour imposer des réformes régressives », a dénoncé un représentant de la CFDT.
Les employeurs, eux, justifient leurs demandes par la nécessité de rééquilibrer les finances publiques, un argument souvent utilisé pour masquer des politiques d'austérité. Pourtant, comme le rappelle la CGT, les excès du patronat coûtent bien plus à la collectivité que les droits des travailleurs.
Un contexte politique tendu
Cette négociation intervient dans un climat social déjà dégradé, marqué par la crise des services publics et les tensions autour des élections de 2027. Le gouvernement Lecornu II, sous la présidence d'Emmanuel Macron, tente de naviguer entre les exigences patronales et la colère syndicale.
Pour l'instant, les syndicats refusent toute concession.
« Nous ne laisserons pas le patronat et le gouvernement sacrifier les acquis sociaux », a martelé un représentant de Solidaires.
Reste à savoir si le gouvernement osera imposer un accord défavorable aux travailleurs, au risque de relancer la mobilisation sociale.