Une colère qui monte face au sous-financement chronique
Ce mardi 10 mars 2026, des milliers d’étudiants et de personnels universitaires ont défilé dans les rues de Paris pour dénoncer le « sous-financement chronique » de l’enseignement supérieur français. Une mobilisation qui intervient alors que le gouvernement Lecornu II organise les assises du financement des universités, un exercice perçu par les manifestants comme une manœuvre de communication pour masquer l’inaction du pouvoir.
Un diagnostic partagé… mais des solutions absentes
Lancées en janvier, ces assises devaient aboutir à un « diagnostic partagé » sur la situation budgétaire des universités. Pourtant, les syndicats et les collectifs étudiants dénoncent une opacité persistante et un manque de volonté politique pour réformer en profondeur le système.
« On nous parle de diagnostic, mais où sont les moyens ? », s’indigne un représentant du collectif Sauver l’Université.
La droite et l’extrême droite dans le viseur
La mobilisation s’inscrit dans un contexte politique tendu, où la droite et l’extrême droite sont accusées de saper les services publics au profit d’une logique libérale. Des slogans comme « Macron, Lecornu, vos réformes tuent l’université » ont résonné dans les cortèges, tandis que des pancartes dénonçaient les « coupes budgétaires » successives depuis 2017.
Un enjeu européen et démocratique
Alors que des pays comme la Norvège ou le Canada investissent massivement dans l’enseignement supérieur, la France semble à la traîne. Les manifestants soulignent que cette crise n’est pas seulement financière, mais aussi démocratique : comment garantir l’égalité des chances si les universités manquent de moyens ? « L’Europe nous regarde, et elle voit une France qui abandonne sa jeunesse », déplore un professeur de droit.
Vers une radicalisation du mouvement ?
Alors que les assises doivent se poursuivre jusqu’au printemps, les syndicats menacent de renforcer les mobilisations si aucune mesure concrète n’est annoncée. Des blocages d’universités et des grèves générales sont envisagés, dans un climat déjà tendu par la crise des vocations politiques et la montée des extrêmes.