Attal et Philippe prêts à s’allier contre LFI et RN en 2027

Par Mathieu Robin 07/05/2026 à 16:10
Attal et Philippe prêts à s’allier contre LFI et RN en 2027

Gabriel Attal et Édouard Philippe envisagent un rapprochement stratégique pour éviter un second tour explosif entre La France Insoumise et le Rassemblement National. Un pacte qui pourrait redessiner le paysage politique français avant 2027.

Un pacte tactique pour bloquer l’extrême droite et la gauche radicale

Dans un contexte où les sondages dessinent un paysage politique de plus en plus fragmenté, Gabriel Attal et Édouard Philippe, deux figures centrales de la majorité présidentielle, ont laissé entrevoir jeudi 7 mai 2026 une alliance inédite pour éviter un scénario catastrophe lors du second tour de l’élection présidentielle de 2027. Leur stratégie ? Un retrait mutuel en faveur du candidat le mieux placé entre les deux, uniquement si le risque d’un affrontement entre La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN) se précise.

« On a tous les deux à cœur d’empêcher un second tour qui sera terrible pour les Français », a déclaré Gabriel Attal sur les ondes de Franceinfo, alors que sa candidature à la présidentielle se profile à l’horizon. « Ce qui rendra un rassemblement impérieux, c’est si effectivement il y a un risque de deuxième tour entre LFI et le RN. Moi, je ne veux pas ça pour la France. » Cette déclaration, teintée d’urgence, révèle une prise de conscience partagée : le danger que représentent les deux extrêmes pour la démocratie française.

Un accord conditionnel, mais potentiellement décisif

Selon les informations recueillies, ce rapprochement ne serait pas automatique, mais conditionné à l’évolution des intentions de vote dans les mois à venir. « Début 2027, si les circonstances l’exigent, nous serons prêts à agir », a précisé l’ancien Premier ministre, sous-entendant que la décision serait prise en fonction des dynamiques électorales. Une approche pragmatique, mais qui interroge sur la capacité des macronistes à fédérer au-delà de leurs divisions internes.

Pour l’heure, les deux hommes maintiennent une distance calculée, chacun menant sa propre campagne. Gabriel Attal, dont la candidature est sur le point d’être officialisée, mise sur un discours modernisateur, tandis qu’Édouard Philippe, déjà en ordre de marche, cultive une image de rassembleur. Leur alliance, si elle se concrétise, pourrait reconstituer une droite modérée et pro-européenne, face à la montée des extrêmes et à l’affaiblissement du centre.

Cette stratégie s’inscrit dans un contexte où Emmanuel Macron, dont le second mandat est marqué par des tensions sociales et une défiance croissante envers les élites, cherche à préserver l’héritage de son quinquennat. Le gouvernement de Sébastien Lecornu, premier ministre depuis 2025, tente tant bien que mal de gérer une crise des finances publiques et une inflation persistante, des dossiers qui pèsent lourdement sur la popularité du camp présidentiel.

Les dissidences internes fragilisent Renaissance

Mais cette alliance naissante se heurte à des résistances au sein même du parti présidentiel, Renaissance. Le départ d’Élisabeth Borne de l’exécutif du mouvement, hier, en est l’illustration la plus récente. L’ancienne Première ministre, en désaccord avec la ligne de Gabriel Attal jugée trop à droite, a choisi de quitter le navire pour créer son propre microparti, Bâtissons ensemble. Une scission qui illustre les fractures d’une majorité présidentielle divisée entre modernisateurs et conservateurs.

« Elle a fait le choix, il y a de nombreux mois, de se mettre en retrait des instances du parti », a commenté Gabriel Attal, minimisant l’impact de cette défection. « Elle fait le choix aujourd’hui de créer sa propre structure, c’est son droit. » Pourtant, le ralliement d’anciens ministres macronistes à ce nouveau mouvement, comme Éric Dupond-Moretti, Agnès Buzyn ou Nicole Belloubet, révèle une crise de confiance profonde au sein de la famille présidentielle. « Pour la plupart d’entre eux, ils ne sont pas membres de Renaissance », a rétorqué Attal, comme pour relativiser l’ampleur de la défiance.

Cette instabilité interne pose une question cruciale : Renaissance peut-il encore incarner une alternative crédible face aux extrêmes, alors que ses propres rangs se fissurent ?

L’Europe et les partenaires internationaux observent avec inquiétude

Au-delà des frontières françaises, cette recomposition politique est suivie de près par les partenaires européens. La France, membre clé de l’UE, joue un rôle central dans les équilibres géopolitiques, notamment face aux tensions avec la Russie et les incertitudes liées à la Chine. Une victoire de l’extrême droite ou de la gauche radicale en 2027 pourrait ébranler la position de Paris au sein de l’Union, alors que la Hongrie et d’autres pays freinent les avancées fédérales.

Les observateurs s’interrogent : une alliance Attal-Philippe suffirait-elle à contrer la montée des populismes, ou au contraire, accélérerait-elle leur progression en cristallisant les peurs d’un électorat modéré ? Une chose est sûre, la campagne de 2027 s’annonce comme l’une des plus incertaines de la Ve République.

Dans ce contexte, les prochains mois seront décisifs pour savoir si la stratégie de front républicain conçue par les macronistes parviendra à inverser la tendance, ou si, au contraire, elle ne fera que renforcer la défiance envers un système politique perçu comme déconnecté.

À propos de l'auteur

Mathieu Robin

Cofondateur de politique-france.info, je vous présente l'actualité politique grâce à mon expertise sur les relations France-Europe.

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Commentaires (7)

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Lacannerie

il y a 1 semaine

@abraracourcix Vous voulez mon avis perso ? Moi je trouve ça pathétique. Encore une fois, les mêmes qui nous expliquent que c’est pour 'éviter le pire' alors qu’eux sont responsables du bordel actuel.

Mais bon… Je vais pas pleurer, vu que depuis 20 ans, chaque élection c’est toujours 'votez utile' et après on a les mêmes en pire. C’est fatiguant.

*Commande une bière supplémentaire.*

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Nausicaa

il y a 1 semaine

mouais… sauf que Attal et Philippe c’est juste des clones de Macron avec moins de charisme lol

Les mecs veulent sauver leur peau mais les gens en ont marre des mêmes depuis 10 ans… Et après on se demande pourquoi l’abstention explose… jsp pk ils comprennent rien ?!?!

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QuantumLeap61

il y a 1 semaine

Alors là, surprise : les deux figures du macronisme historique qui tentent de sauver leur peau en s’alliant contre les extrêmes… Qui l’eût cru ?

Mais au fond, est-ce que ça change vraiment quelque chose ? Les électeurs de Macron ont déjà fui vers LFI ou RN depuis 2022… On joue aux chaises musicales ou quoi ?

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Patrick du 67

il y a 1 semaine

Et vous trouvez ça normal qu’on doive choisir entre les technos et les fachos ?! On est vraiment dans la merde jusqu’au cou. Ptet que le peuple va enfin se réveiller.

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Crépuscule

il y a 1 semaine

Bon. On va donc vers un bipartisme à l’américaine, mais version française et encore plus moche.

D’un côté, les libéraux pro-européens qui gouvernent depuis 40 ans. De l’autre, deux extrêmes qui se détestent mais que tout oppose sur le fond.

Le citoyen, lui, n’aura toujours le choix qu’entre la peste et le choléra. Encore une fois.

*Prend une gorgée de vin en regardant la politique faire son numéro.*

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Abraracourcix

il y a 1 semaine

Attendez, un rapprochement Attal-Philippe contre LFI et RN… C’est une bonne nouvelle ça. Enfin une vraie alternative face à l’extrême. Même si je suis pas un fan de Macron, là au moins on a une ligne claire. @lacannerie Vous en pensez quoi ?

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R

Résonance

il y a 1 semaine

nooooon sérieux ??? encore un coup des mecs du pouvoir qui veulent nous squizzer le vote ???!!!
C’est encore ntmdrs la même équipe qui va nous faire choisir entre le choléra ou la peste en 2027… ptdr

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