Bergerac, la poudrerie oubliée qui profite de la guerre en Europe

Par Apophénie 06/03/2026 à 07:26
Bergerac, la poudrerie oubliée qui profite de la guerre en Europe
Photo par ev sur Unsplash

Bergerac relance sa poudrerie centenaire grâce au réarmement français. Un symbole des tensions européennes et des choix économiques controversés.

Un héritage industriel lié aux conflits mondiaux

En Dordogne, l'usine de poudre de Bergerac, fondée en 1915 pour alimenter l'artillerie de la Première Guerre mondiale, connaît une renaissance inattendue. Alors que la France s'engage dans un réarmement massif face aux tensions européennes, cette poudrerie centenaire redonne un souffle économique à une région en difficulté.

Une économie dépendante des cycles guerriers

Les 26 000 habitants de Bergerac n'ont jamais vraiment rompu avec leur destin industriel lié aux conflits. Florissante pendant les guerres, la ville sombre dans la morosité lorsque les armes se taisent. Aujourd'hui, le réarmement décidé par Emmanuel Macron et son gouvernement, face à l'agressivité russe en Europe, relance une activité qui avait failli disparaître.

Un territoire paupérisé qui mise sur la défense

Avec un revenu mensuel moyen de 1 936 euros, soit 700 euros de moins que la moyenne nationale, la Dordogne voit dans cette relance une opportunité. L'usine Eurenco, détenue à 100 % par l'État, avait failli fermer en 2007 faute de commandes. Aujourd'hui, elle produit à nouveau des charges modulaires pour les canons Caesar, un symbole de la souveraineté militaire française.

Un site industriel à haut risque

Sur 170 hectares classés Seveso seuil haut, l'usine manipule des substances dangereuses. Une situation qui interroge sur les choix industriels de la France, alors que l'Europe mise sur la transition écologique. Pourtant, dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes, la priorité semble être donnée à la sécurité nationale.

Un débat politique sur l'avenir de la région

À gauche, on dénonce une économie de guerre qui maintient les territoires ruraux dans une dépendance précaire.

"La relance de cette usine est une preuve de plus que la France ne sortira pas du cycle des armements",
estime un élu local proche de Jean-Luc Mélenchon. À droite, on salue une industrie stratégique qui crée des emplois, tandis que l'extrême droite y voit un symbole de la souveraineté nationale.

Un enjeu européen

Alors que l'Union européenne renforce ses capacités de défense commune, la France joue un rôle clé. Mais cette relance industrielle pose la question des priorités économiques : faut-il investir dans les industries de guerre ou accélérer la transition écologique ? Un débat qui divise le gouvernement Lecornu II, tiraillé entre réalisme géopolitique et ambitions climatiques.

À propos de l'auteur

Apophénie

Les conflits d'intérêts gangrènent notre démocratie et personne n'en parle. Des ministres qui pantouflent dans le privé, des lobbies qui rédigent les lois, des hauts fonctionnaires qui naviguent entre cabinets ministériels et conseils d'administration. Je traque ces connexions, je les documente, je les expose. On m'accuse parfois de complotisme – l'insulte facile pour discréditer ceux qui posent des questions gênantes. Mais les faits sont têtus. Et ils incriminent notre belle République.

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Commentaires (6)

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M

max-490

il y a 1 semaine

Bref, on va encore nous dire que c'est pour la paix, mais en vrai c'est juste pour vendre plus de bombes. Et après on s'étonne que les gens soient cyniques...

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datadriven

il y a 1 semaine

Franchement, c'est un peu hypocrite de critiquer l'industrie de l'armement alors qu'on sait très bien que c'est un secteur clé pour l'emploi. Moi je dis : tant qu'à faire, autant que ce soit en France plutôt qu'ailleurs.

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Carnac

il y a 1 semaine

@datadriven Oui mais est-ce que c'est vraiment une bonne chose de profiter de la guerre pour relancer une industrie ? Et puis, qui contrôle ces usines ? Des privés ? Des états ? Des lobbys ?

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QuantumLeap61

il y a 1 semaine

Ah oui, on va produire des explosifs pour vendre à l'OTAN. Et après on s'étonne que les gens aient peur de la guerre...

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Quimperlé

il y a 1 semaine

La guerre rapporte toujours, c'est triste mais c'est comme ça. Les usines à canons, ça fait toujours de l'emploi... jusqu'à ce que ça pète.

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Douarnenez

il y a 1 semaine

@quimperle Exact, mais comparons avec l'Allemagne qui relance aussi son industrie militaire. La différence ? Eux au moins ils assument leur stratégie. Nous, on fait semblant de regretter.

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