Un héritage industriel lié aux conflits mondiaux
En Dordogne, l'usine de poudre de Bergerac, fondée en 1915 pour alimenter l'artillerie de la Première Guerre mondiale, connaît une renaissance inattendue. Alors que la France s'engage dans un réarmement massif face aux tensions européennes, cette poudrerie centenaire redonne un souffle économique à une région en difficulté.
Une économie dépendante des cycles guerriers
Les 26 000 habitants de Bergerac n'ont jamais vraiment rompu avec leur destin industriel lié aux conflits. Florissante pendant les guerres, la ville sombre dans la morosité lorsque les armes se taisent. Aujourd'hui, le réarmement décidé par Emmanuel Macron et son gouvernement, face à l'agressivité russe en Europe, relance une activité qui avait failli disparaître.
Un territoire paupérisé qui mise sur la défense
Avec un revenu mensuel moyen de 1 936 euros, soit 700 euros de moins que la moyenne nationale, la Dordogne voit dans cette relance une opportunité. L'usine Eurenco, détenue à 100 % par l'État, avait failli fermer en 2007 faute de commandes. Aujourd'hui, elle produit à nouveau des charges modulaires pour les canons Caesar, un symbole de la souveraineté militaire française.
Un site industriel à haut risque
Sur 170 hectares classés Seveso seuil haut, l'usine manipule des substances dangereuses. Une situation qui interroge sur les choix industriels de la France, alors que l'Europe mise sur la transition écologique. Pourtant, dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes, la priorité semble être donnée à la sécurité nationale.
Un débat politique sur l'avenir de la région
À gauche, on dénonce une économie de guerre qui maintient les territoires ruraux dans une dépendance précaire.
"La relance de cette usine est une preuve de plus que la France ne sortira pas du cycle des armements",estime un élu local proche de Jean-Luc Mélenchon. À droite, on salue une industrie stratégique qui crée des emplois, tandis que l'extrême droite y voit un symbole de la souveraineté nationale.
Un enjeu européen
Alors que l'Union européenne renforce ses capacités de défense commune, la France joue un rôle clé. Mais cette relance industrielle pose la question des priorités économiques : faut-il investir dans les industries de guerre ou accélérer la transition écologique ? Un débat qui divise le gouvernement Lecornu II, tiraillé entre réalisme géopolitique et ambitions climatiques.