Une campagne présidentielle en miniature
Ce samedi 31 janvier, la salle Watremez de Roubaix a vibré au rythme d'une campagne électorale aux accents nationaux. À moins de deux mois des municipales, Jean-Luc Mélenchon a fait le déplacement pour soutenir David Guiraud, candidat de La France insoumise (LFI) et favori dans cette ville de près de 100 000 habitants. Un scrutin local qui pourrait bien avoir des répercussions bien au-delà des frontières du Nord.
Un laboratoire pour 2027
Pour l'ex-sénateur socialiste, Roubaix, ville la plus pauvre de France selon l'Insee, représente un enjeu stratégique. En cas de victoire, il espère que l'ancienne cité ouvrière deviendra un « laboratoire » pour la gauche, avec une « force de contagion » susceptible de redessiner le paysage politique avant la présidentielle de 2027. Face à un gouvernement Lecornu II fragilisé par les crises successives, la gauche tente de se repositionner.
Un discours ciblé et engagé
Gaza, laïcité, islam et lutte contre le racisme : Mélenchon a axé son discours sur des thèmes à la fois nationaux et adaptés à l'électorat roubaisien. Dans cette ville où une grande partie de la population est issue de l'immigration maghrébine, le leader insoumis a martelé son opposition à l'islamophobie et au racisme, tout en défendant une vision républicaine et progressiste.
« Quand vous mettez un bulletin de vote insoumis, vous mettez un bulletin de vote contre le racisme, contre l'islamophobie, pour la République, pour la liberté de conscience. »
Une droite sous pression
Alors que la droite française, divisée entre LR et le Rassemblement National, peine à capitaliser sur les crises agricoles et sécuritaires, la gauche tente de profiter de ce vide. Mélenchon mise sur une stratégie locale pour reconquérir des territoires perdus, tout en préparant le terrain pour 2027. Dans un contexte marqué par la montée des tensions internationales, notamment avec les États-Unis et la Russie, la gauche française cherche à se positionner comme une alternative crédible.
Un enjeu européen
Roubaix, ville marquée par son histoire industrielle et son multiculturalisme, pourrait devenir un symbole de la résistance à l'extrême droite. Alors que l'Europe observe avec inquiétude la montée des populismes en Hongrie et en Turquie, la France insoumise entend prouver qu'une autre voie est possible. Avec un gouvernement Macron affaibli par les crises financières et sécuritaires, la gauche espère tirer son épingle du jeu.