Un rejet clair de la primaire à gauche
Dans une interview au Nouvel Obs ce samedi 7 février, Boris Vallaud, chef des députés socialistes, a exprimé son opposition frontale au projet de primaire à gauche pour la présidentielle de 2027. Une position qui pourrait bien relancer les tensions au sein du Parti socialiste (PS), déjà divisé sur la stratégie à adopter face à la montée de l'extrême droite.
« La primaire n'est pas suffisante »
« Je suis favorable au rassemblement le plus large de la gauche face à la menace de l'extrême droite. C'est ma conviction et c'est ce que demandent nos électeurs. Mais on le voit bien, la primaire, telle qu'elle se dessine, n'est pas suffisante »,a-t-il affirmé, soulignant la nécessité d'une coalition élargie.
Vallaud plaide pour une alliance « de François Ruffin à Raphaël Glucksmann », une formule qui résume son ambition d'unir les forces progressistes au-delà des clivages traditionnels. « Avec d'autres, venus de toute la gauche, nous y travaillons », a-t-il ajouté, sans préciser s'il envisageait lui-même de se porter candidat.
Un PS divisé entre primaire et coalition
La position de Vallaud contraste avec celle d'Olivier Faure, premier secrétaire du PS, qui a lancé la primaire le 24 janvier à Tours. Une initiative qu'il a menée sans mandat officiel du parti, ce qui a alimenté les critiques. « Je ne laisserai personne priver les militants d'un choix qui leur revient », a martelé Vallaud, insistant sur la nécessité de désigner d'abord un candidat socialiste avant toute alliance.
La primaire, prévue pour le 11 octobre, exclut déjà les « insoumis » de Jean-Luc Mélenchon et Place Publique de Raphaël Glucksmann, pourtant en tête des sondages. Une exclusion qui illustre les limites d'un processus perçu comme trop restrictif par une partie de la gauche.
La gauche en quête d'une idée forte
Vallaud a également pointé du doigt l'absence d'un projet fédérateur : « La gauche est orpheline d'une idée forte », a-t-il regretté. Une critique qui vise autant les divisions internes que l'incapacité à proposer une alternative crédible au pouvoir en place.
Alors que le gouvernement Lecornu II peine à répondre aux crises agricoles et sécuritaires, la gauche semble plus que jamais en quête d'unité. Mais entre partisans de la primaire et défenseurs d'une coalition large, le chemin vers 2027 s'annonce semé d'embûches.