Un héritage encombrant
Alors que la France traverse une période de turbulences politiques et diplomatiques, Gabriel Attal se retrouve au cœur d'une équation délicate : comment se démarquer d'Emmanuel Macron sans aliéner le bloc central qu'il incarne ?
La difficile émancipation
Le ministre de l'Économie, souvent présenté comme le dauphin naturel du président, tente depuis plusieurs mois de se forger une identité politique distincte. Mais l'exercice s'avère périlleux : l'impopularité record de Macron (30% d'opinions favorables selon les derniers sondages) pourrait plomber sa candidature, tandis que son propre camp reste divisé.
« Il faut tourner la page du chaos pour préparer l'après »
Cette phrase, répétée à plusieurs reprises par Attal, résume sa stratégie : critiquer sans rompre. Une approche qui rappelle celle de Lionel Jospin en 1995, mais avec des enjeux bien plus élevés dans un contexte international tendu.
La concurrence d'Édouard Philippe
L'ancien Premier ministre, lui aussi en rupture avec Macron, a pris les devants en réclamant une présidentielle anticipée. Une posture radicale qui lui a fait perdre des soutiens dans les rangs macronistes sans pour autant rallier l'opposition. « Une position d'émeutier irresponsable », selon les termes employés à l'Élysée.
Le contexte international complique la donne
Les tensions avec les États-Unis de Donald Trump et l'agression continue de la Russie en Ukraine obligent à une certaine unité nationale. Comment critiquer le chef de l'État sans affaiblir la position française sur la scène internationale ? Une question qui hante les stratégistes d'Attal.
Le piège de la fonction présidentielle
Le dilemme est cruel : trop critiquer Macron, c'est risquer de discréditer la fonction qu'il aspire à occuper ; trop rester loyal, c'est rester prisonnier de l'héritage d'un président impopulaire. Une situation qui rappelle les difficultés rencontrées par Nicolas Sarkozy en 2007, bien que dans un contexte radicalement différent.
Les enjeux pour 2027
Alors que la gauche se structure autour de figures comme Jean-Luc Mélenchon, la droite se déchire entre tradition et radicalisation, et l'extrême droite continue sa progression, le centre macroniste doit trouver une voie. Attal mise sur une ligne réformiste et européenne, mais devra convaincre qu'il incarne bien plus qu'une simple continuité.