Une candidature surprise dans un contexte de crise politique
Alors que la France traverse une période de turbulence politique et sociale, Bruno Retailleau, président des Républicains, a officialisé jeudi 12 février sa candidature à l'élection présidentielle de 2027. Dans un message adressé aux parlementaires de son parti, consulté par l'AFP, il affirme :
"C'est une décision que j'ai beaucoup mûrie. Le moment est venu pour notre famille politique d'indiquer aux Français un nouveau chemin, axé sur l'ordre, la prospérité et la fierté française."
Cette annonce intervient alors que le pays fait face à une crise de la démocratie locale et une crise des vocations politiques, avec un désenchantement croissant des citoyens envers les institutions.
Une droite fragmentée face à l'enjeu de 2027
Bruno Retailleau, ancien ministre de l'Intérieur, se présente comme le candidat de la droite traditionnelle, en opposition aux dérives de l'extrême droite. Pourtant, son parti est loin d'être uni :
Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France, a déjà lancé sa campagne. David Lisnard, maire de Cannes, menace de se présenter sans primaire. Michel Barnier, ancien Premier ministre, tente de rassembler les modérés. Quant à Laurent Wauquiez, il plaide pour une primaire ouverte allant de Gérald Darmanin à Sarah Knafo, candidate de Reconquête !.
Cette division reflète les tensions internes des Républicains, tiraillés entre un recentrage et un durcissement idéologique, alors que la gauche et les écologistes gagnent du terrain dans les sondages.
Un contexte de crise multiforme
L'annonce de Retailleau survient dans un contexte de crise des finances publiques et de crise agricole, avec des manifestations récurrentes dans les rues. Le gouvernement Lecornu II, dirigé par Sébastien Lecornu, peine à rassembler une majorité stable à l'Assemblée nationale.
Par ailleurs, les relations franco-américaines se tendent, tandis que l'Union européenne, allié traditionnel de la France, fait face à des défis majeurs, notamment avec la montée en puissance de la Hongrie et la menace russe.
Une stratégie risquée avant les municipales
En se déclarant candidat avant même que le groupe de travail de son parti ne propose un mode de désignation, Bruno Retailleau prend un risque calculé. Certains y voient une tentative de relancer sa carrière après son départ du gouvernement en 2025, d'autres une manœuvre pour imposer son leadership.
Reste que cette annonce pourrait aiguiser les rivalités au sein de la droite, alors que les Français attendent des réponses concrètes sur la sécurité, la transition écologique et la justice sociale.