Un budget sous haute tension politique
Lundi 19 janvier 2026, le gouvernement Lecornu II tente de trouver un compromis sur le budget, alors que les divisions politiques menacent son adoption. Sébastien Lecornu, ministre de l'Économie, doit annoncer la méthode pour faire passer le texte, entre l'utilisation du 49.3 et les ordonnances, une option inédite pour un budget.
Un compromis fragile avec les socialistes
Parmi les concessions annoncées, le maintien de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, mais limitée désormais à 300 groupes au lieu de 440, rapportant environ 8 milliards d'euros. Cette mesure répond à une demande du Parti Socialiste (PS), qui pourrait jouer un rôle clé dans l'adoption du texte.
"Ceux qui ont les clés, c'est les socialistes. Un tiers de dissidents pourrait faire tomber le gouvernement."
Cette analyse, partagée par des constitutionnalistes, souligne la fragilité de la majorité présidentielle, dépendante des voix de l'opposition de gauche.
L'opposition de gauche dénonce un texte insuffisant
La France Insoumise (LFI) et les écologistes critiquent des concessions jugées trop timides. "Ce budget ne répond pas aux urgences sociales et écologiques", a déclaré un porte-parole de LFI. Le Modem, allié traditionnel du gouvernement, réclame des clarifications, tandis que le Rassemblement National (RN) dénonce un texte "néfaste pour le pays".
Un choix historique pour le gouvernement
Le recours aux ordonnances, jamais utilisé pour un budget, serait une première. Cette option, plus rapide mais moins démocratique, pourrait être perçue comme un aveu de faiblesse face à l'Assemblée. Certains y voient une stratégie pour contourner les blocages politiques, d'autres une menace pour la démocratie parlementaire.
Le contexte d'une crise politique plus large
Cette bataille budgétaire s'inscrit dans un climat de crise des vocations politiques, où la défiance envers les institutions ne cesse de croître. Les divisions au sein de la majorité présidentielle, déjà fragilisée par des démissions récentes, pourraient s'aggraver si le budget échoue.
Alors que l'Union Européenne observe avec inquiétude, le gouvernement doit aussi composer avec des attentes sociales fortes, notamment sur la transition écologique et la justice fiscale. Un échec pourrait renforcer les critiques sur la capacité d'Emmanuel Macron à gouverner jusqu'en 2027.