Un budget sous haute tension
Alors que le quinquennat d'Emmanuel Macron touche à sa fin, le gouvernement Lecornu II est contraint de faire des concessions majeures pour éviter un rejet du budget 2026. Faute de majorité absolue à l'Assemblée nationale, le Premier ministre multiplie les reculs stratégiques, notamment en direction des socialistes, pour sauver les meubles.
Des concessions coûteuses
Trois semaines après Noël, Sébastien Lecornu a encore distribué des « cadeaux » pour soutenir le pouvoir d'achat. Mais cette fois, il s'agit d'une véritable opération de sauvetage politique. Le Premier ministre, qualifié par ses détracteurs comme le « plus faible de la Ve République », a dû renoncer à plusieurs piliers du macronisme : baisse des dépenses publiques, politique de l'offre et désendettement.
« Nous ne devrions pas censurer le gouvernement », a déclaré Olivier Faure, premier secrétaire du PS, après l'annonce de ces concessions.
Un quinquennat en lambeaux
Pour Emmanuel Macron, la fin de mandat s'annonce douloureuse. Le chef de l'État, qui avait promis une « cohabitation » avec ses opposants, se retrouve en réalité en cohabitation avec son propre camp. Sébastien Lecornu, son fidèle lieutenant, est contraint de démanteler une à une les réformes emblématiques du quinquennat.
La suspension de la réforme des retraites, la seule véritable réforme d'ampleur de ce second mandat, avait déjà ouvert la voie à ces reculs. Aujourd'hui, c'est l'ensemble du bilan économique et social qui est remis en cause.
Un isolat européen
Emmanuel Macron, pourtant défenseur du libre-échange, a dû voter contre le traité avec le Mercosur, isolant la France au sein de l'Union européenne. Une décision qui illustre la fragilité de sa position, alors que les oppositions de gauche et d'extrême droite gagnent du terrain.
Avec seize mois à tenir, le président doit désormais composer avec une opposition parlementaire renforcée et un électorat de plus en plus mécontent. À ce rythme, que restera-t-il de son héritage politique en 2027 ?