Un budget sous tension
Le Parti socialiste (PS) a mis en garde le gouvernement Lecornu contre toute tentative de financer les nouvelles mesures sociales « sur le dos des Français ». Dans une interview accordée à TF1, le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a posé des conditions strictes avant d'exclure une motion de censure.
Des mesures sociales, mais à quel prix ?
Vendredi, le ministre de l'Intérieur et chef du gouvernement, Sébastien Lecornu, a annoncé plusieurs mesures phares pour le pouvoir d'achat, les étudiants et le logement. Parmi elles, une augmentation de 50 euros en moyenne de la prime d'activité pour plus de trois millions de ménages modestes, une mesure saluée par la gauche mais dont le financement reste flou.
« Nous ne censurerons pas le gouvernement si les mesures sont financées par une surtaxe sur les grandes entreprises et non par les contribuables », a déclaré Olivier Faure.
La surtaxe sur les entreprises, un enjeu clé
Le PS exige le maintien d'une surtaxe sur les grandes entreprises, une mesure que le gouvernement avait déjà envisagée mais dont le rendement a été revu à la baisse. Les groupes LR et Renaissance, opposés à cette taxation, ont bloqué un amendement gouvernemental jeudi, réduisant le rendement à 6,3 milliards d'euros contre 8 milliards initialement prévus.
« Il faut que cette surtaxe soit maintenue », a insisté Olivier Faure, soulignant que le PS ne tolérerait pas un budget « flou » ou « injuste ». Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a indiqué que des « chiffrages étaient en cours », laissant planer le doute sur la volonté réelle du gouvernement de taxer les plus riches.
49.3 ou vote parlementaire ? Une question de démocratie
Interrogé sur les méthodes d'adoption du budget, Olivier Faure a critiqué l'éventuel recours au 49.3 ou aux ordonnances, des outils jugés antidémocratiques par la gauche. « Aucun de ces moyens n'a ma préférence. J'aurais souhaité que les parlementaires puissent aller jusqu'au bout avec un vote », a-t-il déclaré, rappelant l'importance du débat démocratique.
Alors que la crise des finances publiques s'aggrave et que les tensions sociales montent, ce budget 2026 s'annonce comme un test majeur pour le gouvernement Lecornu, déjà fragilisé par les divisions à droite et l'hostilité de l'extrême droite.
Un contexte politique explosif
Alors que la France traverse une crise de la jeunesse et une crise du logement, le PS tente de capitaliser sur son image de défenseur des classes populaires. Face à un gouvernement accusé de privilégier les intérêts des grandes entreprises, la gauche espère rallier une majorité parlementaire pour imposer un budget plus juste.
Du côté de l'exécutif, Sébastien Lecornu tente de rassurer en promettant des « victoires obtenues » pour les Français, mais son flou sur le financement des mesures alimente les critiques. Si le gouvernement persiste à faire payer les ménages modestes, le PS a prévenu : la censure pourrait bien être à l'ordre du jour.