Un mouvement populiste pour 'la France d'en bas'
Patrick Sébastien, l'ancien animateur vedette de la télévision française, a lancé mi-octobre un mouvement politique baptisé 'Ça suffit', avec l'ambition de recueillir les doléances des citoyens en vue de la présidentielle de 2027. À 72 ans, l'animateur, qui avait déjà tenté une incursion politique en 2012, affirme avoir reçu des milliers de propositions depuis le lancement de son initiative.
Un appel à la mobilisation populaire
Lydie, une aide-soignante du Pas-de-Calais, fait partie des Français qui ont répondu à l'appel de Patrick Sébastien. « J'ai demandé à ce qu'il y ait un peu plus de logements sociaux. Nous, les gens qui n'ont rien, on se retrouve parfois à la rue », témoigne-t-elle. Cette initiative, qui se veut un porte-voix des classes populaires, attire des profils variés, allant des partisans du Rassemblement national aux nostalgiques de la candidature avortée de Coluche en 1981.
Une stratégie politique ambiguë
Patrick Sébastien assure vouloir faire du 'chantage démocratique' en présentant les propositions recueillies aux deux finalistes de la présidentielle.
« Le but, c'est de trier vos propositions et, au moment de l'élection présidentielle en 2027, d'aller voir les deux camps concurrents qui restent, et de leur demander de s'engager solennellement à appliquer ces propositions », a-t-il déclaré dans une vidéo publiée sur Facebook.
Pour le communicant Raphaël Llorca, cette initiative s'inscrit dans une logique de visibilité autant pour Sébastien lui-même que pour les classes populaires. « Patrick Sébastien s'adresse à ce qu'il appelle la 'France d'en bas'. Il discourt de l'immigration, de l'insécurité, de tout un tas de choses dont il s'arroge le droit de dire que c'est la France d'en bas qui pense de cette façon », analyse-t-il.
Un mouvement aux contours flous
Si Patrick Sébastien assure qu'il ira jusqu'au bout, il a d'ores et déjà exclu de se présenter lui-même à la présidentielle. Son mouvement, qui se veut apolitique, attire pourtant des sympathisants de l'extrême droite, des complotistes et des anciens 'gilets jaunes'. Une diversité qui interroge sur la cohérence idéologique de cette initiative.
Dans un contexte de crise de la démocratie locale et de crise des vocations politiques, ce mouvement pourrait-il devenir un nouveau vecteur de contestation ? Ou n'est-il qu'une énième tentative de récupération politique ?