Un drame politique instrumentalisé
La mort tragique de Quentin Deranque, jeune militant nationaliste-révolutionnaire, lors d’affrontements à Lyon le 12 février, a immédiatement été récupérée par le Rassemblement national (RN). Dans une stratégie politique assumée, Marine Le Pen et Jordan Bardella ont tenté de transférer la « diabolisation » qui pèse sur leur parti vers La France insoumise (LFI), accusée d’encourager la violence.
Une enquête en cours, des accusations hâtives
Sans attendre les conclusions de l’enquête, le RN a pointé du doigt Jean-Luc Mélenchon et son mouvement, les désignant comme responsables indirects du drame. Plusieurs membres de la Jeune Garde, formation antifasciste liée à LFI, ont été interpellés, mais le RN a déjà conclu à une « responsabilité politique » de l’extrême gauche.
L’objectif : étendre le « cordon sanitaire »
Pour le RN, il ne s’agit pas seulement de condamner un acte violent, mais de renforcer l’isolement politique de LFI. Jordan Bardella a explicitement demandé, mercredi 18 février, l’exclusion des insoumis des institutions, y compris en vue des prochaines élections municipales. Une manœuvre qui rappelle les tactiques du passé, où le RN cherchait à se dédouaner de son héritage.
Lyon, terrain de la radicalisation
La ville de Lyon, où les affrontements entre groupuscules d’extrême droite et d’extrême gauche sont récurrents, devient un symbole des tensions politiques. Pourtant, plutôt qu’une union contre la violence, le RN préfère instrumentaliser le drame pour servir ses ambitions électorales.
Un contexte politique tendu
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de gérer une crise des vocations politiques et une crise de la démocratie locale, les partis extrêmes alimentent les divisions. Dans ce climat, l’Union européenne observe avec inquiétude la montée des tensions, tandis que la France reste divisée entre ceux qui veulent une union nationale et ceux qui préfèrent la confrontation.