Un maire octogénaire face aux divisions et à la montée du Rassemblement National
Le 5 décembre 2025, Gérard Larrat, maire divers droite de Carcassonne, a officialisé sa candidature pour un troisième mandat aux élections municipales de mars. Une décision qui a provoqué une onde de choc au sein de son conseil municipal, où deux adjoints avaient déjà annoncé leur intention de se présenter. Cette annonce a déclenché une série de démissions, révélant les tensions internes d'une majorité fragilisée par les ambitions politiques et la pression du Rassemblement National (RN).
Un bilan contesté et une promesse non tenue
En 2020, lors de sa réélection avec 47,2 % des voix, Gérard Larrat avait affirmé qu'il s'agissait de son « dernier mandat ». « J'avais lancé un programme sur dix ans et je pensais qu'il y aurait des successeurs capables de prendre le relais », a-t-il justifié. Pourtant, six ans plus tard, l'édile de 84 ans se représente, invoquant « du courage politique ». Un argument qui peine à convaincre, alors que son bilan est critiqué, notamment sur la rénovation du centre-ville, jugée insuffisante par les oppositions.
La menace du RN et la crise de la démocratie locale
Cette campagne s'inscrit dans un contexte de crise de la démocratie locale, où les partis traditionnels peinent à résister à la montée en puissance du RN. À Carcassonne, comme ailleurs, le parti d'extrême droite capitalise sur le mécontentement des électeurs, notamment sur les questions de sécurité et de pouvoir d'achat. Gérard Larrat, figure d'une droite modérée, incarne cette résistance, mais son âge et son refus de passer la main interrogent sur la pérennité de son projet.
Un enjeu national dans une ville symbole
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de rassurer sur la cohésion nationale, Carcassonne devient un terrain d'affrontement politique. La ville, marquée par son patrimoine médiéval, symbolise les divisions d'une France tiraillée entre tradition et modernité. Les élections de mars prochain pourraient donc servir de baromètre pour les stratégies des partis en vue de 2027, dans un contexte où la guerre des droites s'intensifie.
Un maire isolé face à son équipe
Les départs en cascade au sein du conseil municipal illustrent les fractures d'une majorité divisée. « Il y a des moments où il faut prendre ses responsabilités », a déclaré Gérard Larrat. Une formule qui sonne comme un aveu d'impuissance, alors que son équipe semble incapable de se renouveler. Dans ce contexte, la question de la relève politique se pose avec acuité, d'autant que le maire a déjà évoqué son envie de « faire autre chose ».
Un scrutin sous haute tension
Les prochaines municipales à Carcassonne s'annoncent comme un scrutin clé, où se joueront les équilibres politiques locaux. Entre la pression du RN, les divisions internes et les attentes des citoyens, Gérard Larrat devra convaincre qu'il est encore l'homme de la situation. Un défi d'autant plus complexe que son âge et son refus de transmettre le pouvoir pourraient peser lourd dans les urnes.