Un départ prématuré qui relance les spéculations
La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, envisage sérieusement de quitter ses fonctions avant la fin de son mandat en octobre 2027. Une information confirmée par des sources proches de l'institution, malgré les démentis officiels. « La présidente Lagarde est complètement concentrée sur sa mission et n'a pas pris de décision à propos de la fin de son mandat », a indiqué un communiqué de la BCE, une formulation qui laisse pourtant la porte ouverte à toutes les interprétations.
Un scénario qui arrange le pouvoir en place
Si ce départ devait intervenir avant l'élection présidentielle française du printemps 2027, Emmanuel Macron aurait alors son mot à dire sur le prochain président de la BCE. Une aubaine pour le chef de l'État, qui pourrait ainsi éviter qu'un éventuel successeur issu du Rassemblement national (RN) n'influence ce choix stratégique. « C'est le choix de Christine Lagarde », insiste-t-on à Berlin, où l'on suit de près les implications politiques de cette décision.
Un revirement surprenant
En juin 2025, alors que des rumeurs la disaient partante pour prendre la présidence du Forum économique mondial de Davos, la Française affirmait encore être « déterminée à terminer » son mandat. Aujourd'hui, cette perspective semble écartée, alimentant les spéculations sur les raisons de ce revirement. Certains y voient une volonté de préserver l'indépendance de la BCE face à une montée des populismes en Europe.
Les réactions politiques en France
À Bruxelles, lors d'une réunion des ministres des finances européens, le ministre de l'économie français, Roland Lescure, s'est refusé à tout commentaire. Une prudence qui contraste avec les réactions de l'opposition, où l'on accuse le gouvernement de vouloir instrumentaliser cette situation pour des raisons électoralistes. « Cette affaire montre une fois de plus comment le pouvoir tente de contrôler les institutions européennes pour servir ses intérêts », a déclaré un proche de Jean-Luc Mélenchon.
Les enjeux européens
Au-delà des considérations nationales, ce départ anticipé pourrait avoir des conséquences majeures sur la politique monétaire de la zone euro. La BCE, pilier de la stabilité économique européenne, se retrouve ainsi au cœur d'un jeu politique complexe, où les intérêts nationaux et supranationaux s'affrontent.
« La BCE doit rester un rempart contre les dérives nationalistes », rappelle un diplomate européen sous couvert d'anonymat.