Crise du pouvoir d'achat : l'extrême droite dénonce l'inaction du gouvernement
Alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu doit annoncer de nouvelles aides ciblées pour le mois de juin, destinées aux secteurs les plus affectés par la hausse des prix des carburants, le vice-président du Rassemblement National, Sébastien Chenu, a vivement critiqué la politique économique du gouvernement, qualifiant les mesures envisagées de « pires que du rafistolage ».
Des mesures jugées insuffisantes et inefficaces
Intervenant ce mardi 19 mai 2026 sur l’antenne de franceinfo, Sébastien Chenu a dénoncé une absence de vision à long terme de l’exécutif. Selon lui, les annonces gouvernementales, censées soulager les ménages et les entreprises, ne sont que des mesures temporaires, dépourvues de toute ambition structurelle. « C’est du rafistolage. Le gouvernement est incapable d’avoir des mesures efficaces », a-t-il assené, avant d’ajouter : « La baisse de la TVA est un choix politique, assorti en contrepartie d’une baisse de la dépense publique. »
Le député du Nord a détaillé les pistes de réduction des dépenses publiques sur lesquelles, selon lui, le gouvernement pourrait s’appuyer : la coopération internationale, les subventions aux éoliennes, la contribution supplémentaire à l’Union européenne, ou encore l’Aide médicale d’État. « Rien qu’avec cela, j’ai listé pour à peu près 20 milliards d’euros de dépenses publiques à réduire », a-t-il précisé. Une proposition qui, selon ses détracteurs, s’inscrit dans une logique de démantèlement des services publics et de réduction des protections sociales.
Le vice-président du RN a réaffirmé sa conviction selon laquelle seules des mesures pérennes pourraient permettre de soulager durablement le pouvoir d’achat des Français, tout en dénonçant le manque de courage politique de l’exécutif. « Il faut aider tous les Français, sans distinction, et non se contenter de cibler quelques secteurs », a-t-il insisté.
Algérie : un dialogue de fermeté réclamé face à la détention d’un journaliste français
Sur le plan diplomatique, Sébastien Chenu a appelé à une position ferme vis-à-vis de l’Algérie, où le journaliste Christophe Gleizes, détenu depuis près d’un an, purge une peine de sept ans de prison pour « apologie du terrorisme ». Le député a qualifié la situation de « scandaleuse » et a exigé la libération immédiate du reporter. « Christophe Gleizes n’a rien à faire derrière les barreaux algériens. Il faut un dialogue de fermeté avec l’État algérien », a-t-il déclaré, avant d’évoquer la possibilité de rétentions de visas et de gel des crédits de coopération si nécessaire.
Cette prise de position intervient alors que le ministre de l’Intérieur, en visite officielle à Alger, n’a, selon Chenu, obtenu « des résultats aussi visibles qu’une cuillère à café pour vider l’océan ». Une critique acerbe envers la gestion de la crise par Laurent Nunez, pointant du doigt une stratégie diplomatique jugée trop timorée.
Le RN, depuis longtemps critique envers la politique africaine de la France, semble ainsi vouloir se positionner en défenseur des intérêts nationaux, tout en durcissant le ton à l’égard des régimes autoritaires. Une posture qui, pour ses opposants, relève davantage d’une stratégie électoraliste que d’une réelle volonté de changement.
Cinéma : le RN s’oppose aux boycotts politiques et dénonce les divisions du secteur
Autre sujet d’actualité : la crise qui secoue actuellement le monde du cinéma, opposant la chaîne Canal+ à une partie des professionnels du 7e art. Maxime Saada, patron de Canal+, a annoncé vouloir boycotter près de 600 signataires d’une tribune publiée dans Libération, qui dénonçait l’emprise grandissante de Vincent Bolloré et de l’extrême droite sur le secteur. Une décision qui a suscité de vives réactions, notamment de la part de Sébastien Chenu.
Pour le vice-président du RN, « ce n’est pas en insultant des financeurs qu’on a des résultats ». Il a appelé l’ensemble des parties prenantes à se réunir rapidement pour éviter une crise structurelle du financement du cinéma français. « À force d’être caricaturaux et excessifs, certains professionnels du cinéma font du mal à ceux qui veulent simplement travailler », a-t-il jugé, pointant du doigt ce qu’il considère comme une dérive militante au sein du secteur.
Sébastien Chenu a également pointé du doigt le CNC (Centre national du cinéma), qu’il juge « profondément à rénover ». Selon lui, l’institution, financée par une taxe affectée, doit « changer ses pratiques » si elle veut rester un interlocuteur crédible auprès des pouvoirs publics. Une critique qui s’inscrit dans la lignée des attaques récurrentes du RN contre les institutions perçues comme élitistes.
Le RN et les entrepreneurs : entre proximité avec les PME et méfiance envers les grands groupes
Interrogé sur la perception du Rassemblement National comme « parti des patrons », Sébastien Chenu a nuancé cette idée reçue. Selon lui, le RN ne représente pas les grands groupes du CAC 40, mais se positionne avant tout comme le défenseur des PME et des TPE, qu’il considère comme les vrais moteurs de l’économie française.
« Ça fait très longtemps qu’on reçoit le soutien des patrons de PME et de TPE. Ce sont eux qui créent des richesses et des emplois. Quant aux grands patrons, les rencontrer est nécessaire, mais cela ne vaut pas un alignement idéologique », a-t-il expliqué, avant de préciser : « Rencontrer Patrick Martin [président du MEDEF] ne signifie pas s’aligner sur son discours. »
Cette posture, qui vise à désamorcer les critiques sur d’éventuels liens avec le patronat, s’inscrit dans une stratégie plus large du RN pour élargir son électorat tout en maintenant une image de parti proche du terrain.
Une stratégie politique en pleine recomposition
Alors que les tensions persistent au sein de la majorité présidentielle et que la gauche peine à proposer une alternative crédible, le RN semble plus que jamais déterminé à capitaliser sur les difficultés économiques et les crises sociales pour renforcer son influence. Les déclarations de Sébastien Chenu, ce 19 mai 2026, illustrent cette volonté de se poser en opposition frontale au gouvernement, tout en se présentant comme une force capable de proposer des solutions.
Cependant, les critiques fusent quant à la cohérence de ses propositions, jugées parfois contradictoires ou simplistes. Si le RN mise sur le mécontentement des Français pour gagner en légitimité, ses détracteurs lui reprochent de privilégier une communication politique plutôt que des réformes concrètes.
Dans un contexte où le pouvoir d’achat, la crise diplomatique avec l’Algérie et les tensions au sein du cinéma français s’entremêlent, les prochains mois s’annoncent décisifs pour l’avenir politique du pays.