Un gouvernement sous pression
Vendredi 23 janvier 2026, l'Assemblée nationale française est le théâtre d'une bataille politique intense. Deux motions de censure, déposées respectivement par le Rassemblement national et par la France insoumise, menacent le gouvernement de Sébastien Lecornu. Ces motions interviennent après l'utilisation du 49.3 par le Premier ministre pour faire adopter la partie recettes du budget, rompant ainsi une promesse faite en octobre dernier.
Un contexte explosif
La décision de recourir au 49.3 a suscité des réactions vives au sein de la majorité présidentielle. Des élus macronistes ont exprimé leur mécontentement, qualifiant les concessions faites au Parti socialiste de « couleuvres à avaler ». Pourtant, malgré ces tensions, la majorité semble déterminée à soutenir le gouvernement.
« On va jouer notre rôle de force de stabilité, comme d'habitude »,confie un député de Renaissance.
Les oppositions divisées
Les Républicains, bien que critiques envers le budget, ont annoncé qu'ils ne soutiendraient pas la censure. Laurent Wauquiez a qualifié le budget d'« imparfait », mais a jugé qu'il serait « irresponsable de faire tomber le gouvernement dans le contexte actuel ». Cependant, des dissensions existent au sein du parti, avec des personnalités comme Michel Barnier qui pourraient voter la censure.
Du côté du Parti socialiste, Olivier Faure a assuré que son groupe ne voterait pas la censure, bien que quelques voix dissonantes soient attendues. La France insoumise, les Écologistes et les communistes ont uni leurs forces pour déposer une motion commune, tandis que le Rassemblement national et l'Union des droites soutiendront une autre motion.
Un gouvernement « plutôt confiant » mais prudent
Malgré les risques, le gouvernement se dit « plutôt confiant ». Un proche de Sébastien Lecornu a toutefois rappelé que « on n'est jamais à l'abri », évoquant les possibles dissidences ou les pressions des élections municipales à venir.
« Ceux qui déstabiliseront le pays auront des comptes à rendre »,a averti un ministre.
Une bataille qui ne fait que commencer
Si les deux motions sont rejetées, le gouvernement devrait engager sa responsabilité sur la partie dépenses du budget, déclenchant deux nouvelles motions de censure. Le texte, après un passage au Sénat, reviendra à l'Assemblée pour un troisième et dernier 49.3. Cette série de votes reflète une instabilité politique croissante, dans un contexte marqué par des tensions internes à la majorité et une opposition déterminée.