Le périphérique, ce symbole d'un Grand Paris inachevé

Par Anachronisme 06/02/2026 à 15:27
Le périphérique, ce symbole d'un Grand Paris inachevé

Le périphérique parisien, symbole d'un Grand Paris inachevé, freine la métropolisation et la transition écologique. Données, mobilité, enjeux politiques.

Un Paris en mutation, mais freiné par ses infrastructures

Les chiffres sont éloquents : en 2001, seulement 1,3 % des déplacements intra-parisiens se faisaient à vélo. Vingt ans plus tard, cette part a bondi à 11 %. La voiture, elle, a perdu la moitié de sa part modale depuis 1991, tombant sous la barre des 5 %. Le réseau cyclable a été multiplié par six, et la pollution au dioxyde d'azote a chuté de 40 % en dix ans.

Cette transformation, portée par des politiques courageuses mais contestées, était indispensable pour le climat et la santé publique. Pourtant, elle reste inachevée.

Le périphérique, obstacle à la métropolisation

Le boulevard périphérique, cette autoroute de 35 kilomètres ceinturant Paris à seulement 5 kilomètres de Notre-Dame, est un anachronisme dans les grandes capitales européennes. Plus du tiers des trajets qu'il accueille sont des liaisons de banlieue à banlieue, faisant de Paris une simple zone de transit plutôt qu'un territoire à vivre.

La réduction de la vitesse à 50 km/h en 2024 a permis de diminuer les nuisances sonores et les accidents, mais tant que cette infrastructure du XXe siècle subsistera, la Métropole du Grand Paris restera une fiction administrative.

Les défis sont immenses : transformer l'autoroute en boulevard urbain, repenser les portes de Paris en véritables places, et créer des continuités urbaines avec les communes riveraines. Un enjeu majeur pour la prochaine mandature, alors que le gouvernement Lecornu II peine à proposer une vision claire pour ces territoires.

La bataille des données, un enjeu de souveraineté

Moins visible mais tout aussi crucial : le contrôle des données de mobilité. Aujourd'hui, Google Maps, Waze et Uber orientent les déplacements de millions de Franciliens selon leurs propres algorithmes, saturant des rues résidentielles avec du trafic de transit. Ces géants technologiques, souvent américains, possèdent des cartographies dynamiques d'une précision inégalée, mais ces données restent leur propriété exclusive.

Cette situation pose un problème de souveraineté : comment la puissance publique peut-elle planifier des politiques de mobilité efficaces sans accès à ces informations ? La question devient encore plus aiguë avec l'arrivée des robots-taxis, comme ceux de Waymo aux États-Unis ou de Baidu en Chine, qui accumulent des données massives sur nos déplacements.

Ces véhicules autonomes, déjà très présents aux États-Unis et en Chine, pourraient bientôt concurrencer les transports publics sur les liaisons les plus rentables. Une perspective qui inquiète les défenseurs d'un service public de la mobilité, alors que le gouvernement peine à imposer des régulations face à ces multinationales.

Un Grand Paris à l'heure du choix

Alors que la France se prépare pour les élections de 2027, la question de l'aménagement du territoire reste un sujet clivant. La gauche plaide pour une métropolisation renforcée, avec des infrastructures adaptées aux enjeux climatiques et sociaux. À droite, certains élus défendent une vision plus conservatrice, freinant les transformations nécessaires.

Dans ce contexte, le périphérique devient le symbole d'un Grand Paris inachevé, reflet des tensions politiques qui paralysent la France. Entre les promesses non tenues du gouvernement et les résistances locales, l'avenir de la mobilité francilienne reste incertain.

Une chose est sûre : sans une volonté politique forte, le Grand Paris restera une fiction administrative, malgré les progrès indéniables accomplis ces dernières années.

À propos de l'auteur

Anachronisme

On nous vend une modernité qui n'est qu'un retour en arrière déguisé. Destruction des services publics, casse du Code du travail, démantèlement de la Sécurité sociale : tout ce que nos grands-parents ont construit est méthodiquement détruit au nom du "progrès". Je refuse cette arnaque. Mon travail consiste à rappeler d'où nous venons pour comprendre où on nous emmène. Et croyez-moi, la destination ne me plaît pas. Je continuerai à documenter ce hold-up démocratique tant que ce sera possible.

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Commentaires (13)

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Nausicaa

il y a 1 semaine

Ptdr mais c'est clair que le périph c'est la galère !!! Et en plus, les travaux ça dure depuis des années... Franchement, c'est n'importe quoi !!!

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Quiberon

il y a 1 semaine

Encore un article qui nous dit que le périph est un problème. Bon, et alors ? On fait quoi ? On le démolit ? On le paie ? On le laisse pourrir ?

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GrayMatter

il y a 1 semaine

@quiberon Comme d'hab, on va attendre que les choses empirent avant d'agir. Et après, on se plaindra que les gens partent en province. Franchement, c'est désespérant.

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LogicLover

il y a 1 semaine

Le périphérique est un exemple parfait de ce qui ne va pas dans l'urbanisme français : on construit d'abord, on réfléchit après. Résultat, on a un monstre qui étouffe Paris.

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BookWorm

il y a 1 semaine

C'est marrant, on parle toujours de transition écologique, mais personne ne veut toucher au périph. Pourtant, c'est un vrai gouffre financier et écologique. Pourquoi cette peur du changement ?

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EyeToEye71

il y a 1 semaine

Comparé à d'autres métropoles, Paris a vraiment du retard. À Tokyo, les infrastructures sont bien plus fluides malgré une densité bien supérieure. On pourrait s'inspirer de leur modèle de rocade périphérique.

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Malo du 40

il y a 1 semaine

@eyetoeye71 Exact, mais le problème c'est que les élus ont peur de perdre des voix. Moi j'habite près du périph et je te dis que c'est l'enfer. Mais bon, tant qu'on ne vote pas pour des candidats qui proposent des solutions, rien ne changera.

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Reminiscence

il y a 1 semaine

Le Grand Paris, c'est comme le périph : ça tourne en rond.

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Trégastel

il y a 1 semaine

Le périph, c'est le symbole d'un Paris qui refuse de grandir. Et après on s'étonne que les gens partent en banlieue ?

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QuantumLeap61

il y a 1 semaine

Ah bah tiens, encore un article qui nous dit que tout va mal. Et après ? On va encore attendre 20 ans avant qu'un maire courage se lève ?

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Etchecopar

il y a 1 semaine

Nooooon mais sérieux ??? Ils parlent de transition écologique mais y'a tjrs bcp de bouchons !!! Et en plus, le périph est un vrai cauchemar pour les riverains...

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OffTheGrid

il y a 1 semaine

@etchecopar Franchement, jsp comment ils font pour pas voir le problème... Genre, le périph, c'est le bordel depuis 30 ans !!!

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Robert T.

il y a 1 semaine

Le périphérique est effectivement un symbole des contradictions du Grand Paris. À Londres, le périphérique a été partiellement enterré pour fluidifier le trafic, mais ici, on reste dans l'immobilisme. Les études montrent que les bouchons coûtent 1,5 milliard d'euros par an à l'économie francilienne. Quand va-t-on enfin agir ?

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