Crises internationales et budget 2027 : le RN en ordre de bataille face au gouvernement

Par Renaissance 22/09/2026 à 10:21
Crises internationales et budget 2027 : le RN en ordre de bataille face au gouvernement

Le RN en ordre de bataille : Thomas Ménagé critique la gestion du gouvernement sur les carburants et la règle d’or fiscale, tout en préparant sa réponse au budget 2027 face aux crises géopolitiques.

Le Rassemblement National face aux défis économiques et géopolitiques

Alors que les tensions géopolitiques s’intensifient et que le pouvoir d’achat des Français reste au cœur des préoccupations, Thomas Ménagé, député du Loiret et porte-parole du Rassemblement National, était l’invité ce mardi matin du 8h30 de Franceinfo pour éclairer la position de son parti sur les grands enjeux du moment. Face aux questions d’Agathe Lambret et Simon Le Baron, il a détaillé les réponses que le RN entend apporter aux défis économiques et diplomatiques qui secouent l’Hexagone.

Une ligne dure sur la scène internationale

Dans un contexte marqué par l’escalade des conflits en Europe de l’Est, où les frappes de drones russes s’intensifient autour de Moscou, et par les tensions persistantes au Proche-Orient, le RN réaffirme sa volonté de voir la France adopter une politique étrangère plus souveraine. Thomas Ménagé a dénoncé sans ambiguïté la dépendance française vis-à-vis des alliés européens et américains, estimant que cette approche affaiblit la capacité de Paris à peser sur la scène internationale. « La France ne peut plus se contenter de suivre les directives de Bruxelles ou de Washington », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité d’une diplomatie indépendante pour défendre les intérêts nationaux.

Sur le dossier ukrainien, le RN maintient une position critique envers le soutien militaire et financier apporté par l’Union européenne à Kiev, jugeant que cette stratégie prolonge indûment le conflit sans garantir une issue favorable à l’Ukraine. « L’Europe doit cesser de jouer les pompiers pyromanes en alimentant les tensions avec la Russie », a-t-il souligné, tout en refusant de préciser si le RN soutiendrait une levée des sanctions contre Moscou, une position souvent perçue comme ambiguë au sein de la majorité présidentielle.

Carburants : le RN dénonce la gestion gouvernementale et propose une solution radicale

Les prix des carburants, qui restent un sujet de crispation sociale, ont également été au cœur des échanges. Le député a vivement critiqué la « règle d’or » imaginée par l’exécutif pour redistribuer aux Français une partie de la TVA collectée en cas de hausse des prix à la pompe. Pour le RN, cette mesure relève d’une communication politique à court terme, dépourvue de réelle volonté de résoudre le problème structurel de la dépendance énergétique française. « On ne peut pas demander aux automobilistes de faire des économies à la pompe tout en maintenant des taxes qui explosent », a-t-il lancé, avant d’appeler à une baisse immédiate des accises sur les carburants et à un plan massif d’investissement dans les énergies renouvelables pour réduire la facture des ménages.

Thomas Ménagé a également pointé du doigt la responsabilité de l’Union européenne dans la hausse des prix, accusant Bruxelles d’avoir sous-estimé les risques de dépendance énergétique et d’avoir tardé à mettre en place une politique commune pour sécuriser les approvisionnements. « L’Europe a joué les somnambules pendant des années, et aujourd’hui, ce sont les citoyens qui paient la facture », a-t-il déploré, avant de rappeler que le RN propose depuis longtemps la sortie des traités européens contraignants en matière d’énergie.

Budget 2027 : entre censure et recherche de stabilité

La question du budget 2027, qui doit être présenté dans les prochains mois, a également été abordée. Thomas Ménagé a refusé de s’engager sur une stratégie de censure systématique, contrairement à ce que certains observateurs pouvaient attendre d’un parti d’opposition radical. « Nous ne sommes pas des destructeurs d’institutions », a-t-il affirmé, tout en précisant que le RN examinera chaque ligne du texte avec la plus grande attention. « Tout dépendra de l’équilibre du budget. Si celui-ci pénalise les classes moyennes ou les retraités, alors la censure sera une option ».

Le RN, qui mise sur une réduction drastique des dépenses publiques pour financer ses priorités (sécurité, pouvoir d’achat, souveraineté), a réitéré son opposition à toute hausse d’impôts, y compris sur les super-héritages, une proposition défendue par certaines ONG et qui commence à faire son chemin dans les cercles progressistes. Pour le parti de Marine Le Pen, une telle mesure pénaliserait les familles et les entreprises, sans garantir un rendement suffisant pour réduire la dette publique.

Thomas Ménagé a par ailleurs confirmé que le RN soutiendrait les mesures fiscales favorables aux classes populaires et aux petites entreprises, tout en critiquant vertement le gouvernement Lecornu II pour son manque de vision à long terme. « Ce gouvernement gère au jour le jour, sans projet pour la France de demain », a-t-il lancé, avant d’ajouter que le RN préparait déjà son propre programme économique, axé sur la réindustrialisation et la transition énergétique.

Un RN en quête de crédibilité institutionnelle

L’invitation de Thomas Ménagé dans la matinale de Franceinfo illustre la stratégie du RN pour normaliser son image auprès des médias traditionnels, après des années de marginalisation politique. En choisissant de s’exprimer sur des sujets aussi variés que l’international, l’économie ou le budget, le parti d’extrême droite cherche à démontrer sa capacité à gouverner, tout en maintenant une ligne radicale sur les questions identitaires et migratoires.

Pourtant, les contradictions persistent. Si le RN se présente comme le défenseur des classes populaires, ses propositions économiques peinent encore à convaincre les économistes, qui pointent du doigt ses promesses budgétaires irréalistes et son protectionnisme affiché. De même, sur la scène internationale, son positionnement entre anti-otanisme et souverainisme laisse planer des doutes sur sa capacité à mener une politique étrangère cohérente.

Alors que les prochaines élections européennes se profilent et que les sondages placent le RN en tête des intentions de vote, l’intervention de Thomas Ménagé ce matin a surtout révélé l’ambivalence du parti : entre volonté de respectabilité et radicalité assumée, entre critique de l’establishment et rejet des institutions européennes.

Une chose est sûre : dans un contexte de crise multidimensionnelle, le RN entend occuper le devant de la scène, quitte à brouiller les lignes entre opposition constructive et rejet systématique.

Les défis qui attendent le gouvernement Lecornu II

Face à un RN en embuscade et à une gauche profondément divisée, le gouvernement de Sébastien Lecornu se retrouve dans une position délicate. Entre la gestion des crises sociales (mouvement des agriculteurs, précarité énergétique) et la nécessité de préparer le pays à l’après-Macron, l’exécutif doit concilier rigueur budgétaire et réformes structurelles.

Pourtant, les marges de manœuvre semblent limitées. La hausse des prix de l’énergie, la pression sur les services publics et les tensions géopolitiques risquent de rendre toute politique de relance impopulaire. Dans ce contexte, les propositions du RN, bien que radicales, trouvent un écho croissant auprès d’une partie de l’opinion publique, lassée par des années de gestion technocratique.

Alors que la France s’achemine vers une présidentielle anticipée, les choix budgétaires de 2027 pourraient bien déterminer le visage politique du pays pour les années à venir. Une chose est certaine : l’opposition ne manquera pas de rappeler au gouvernement que le temps des promesses est révolu.

À propos de l'auteur

Renaissance

J'ai travaillé quinze ans dans l'industrie avant d'être licencié lors d'une délocalisation. Mon usine était rentable, mais pas assez pour satisfaire les actionnaires. Ce jour-là, j'ai compris que le système économique dans lequel nous vivons est profondément injuste. J'ai repris des études, je me suis formé au journalisme. Aujourd'hui, je donne une voix à ceux qu'on n'entend jamais dans les médias : les ouvriers, les précaires, les invisibles. La France périphérique existe, et elle doit parler.

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