Un Davos sous tension géopolitique
Le 56e Forum économique mondial de Davos s'ouvre ce lundi 19 janvier 2026 sous le signe d'une crise diplomatique majeure. Alors que 3 000 participants, acteurs financiers et politiques, se réunissent dans les Alpes suisses, c'est l'ombre de Donald Trump qui domine les débats. Le président américain, attendu mercredi, menace d'imposer des droits de douane punitifs aux pays s'opposant à son projet d'annexion du Groenland, une provocation qui relance les tensions avec l'Europe.
La France et l'Europe en première ligne
Emmanuel Macron, dont la prise de parole est très attendue, devra défendre la position française face aux ambitions hégémoniques de Washington. Quelques jours après l'envoi de militaires français, allemands et suédois au Groenland - une réponse à la demande du Danemark -, le président français se retrouve dans une position délicate. Comment concilier fermeté et dialogue avec un Trump qui semble déterminé à imposer sa vision unilatérale du monde ?
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, sera également présente pour tenter de présenter un front uni face aux pressions américaines. Mais dans un contexte où la crise des relations franco-américaines s'aggrave, les divisions internes à l'UE pourraient affaiblir sa position.
Davos, laboratoire des tensions internationales
Le forum, qui avait perdu de son influence ces dernières années, retrouve son rôle central dans les relations internationales.
"On se retrouve dans un Davos très 'Le Forum mondial' où tous les grands décideurs se retrouvent et font avancer différents sujets qui, pour certains d'entre eux, sont des sujets vraiment déterminants",explique Yann Le Pallec, président de Standard and Poor's. Un retour à un Davos plus pragmatique, loin des idéaux humanistes qui l'avaient marqué par le passé.
Les discussions officielles cachent des négociations en coulisses, où les enjeux vont des droits de douane au Groenland à la situation au Proche-Orient, en passant par l'Ukraine. Volodymyr Zelensky est également attendu, ce qui pourrait ajouter une dimension supplémentaire à ces échanges déjà tendus.
L'ombre de Trump sur les débats
La présence du président américain a bouleversé l'agenda du forum. Des chefs d'entreprise ont annulé ou reporté leurs rendez-vous pour assister à son discours, tandis que des mesures de sécurité draconiennes perturbent les échanges. Trump ne vient pas seul : ses ministres du Trésor, du Commerce et de l'Énergie, ainsi que ses émissaires pour l'Ukraine et le Moyen-Orient, accompagnent le président dans cette démonstration de force.
Pour les pays européens, cette édition de Davos représente un test crucial. Face à une Amérique de plus en plus isolationniste et agressive, l'Europe doit-elle se résigner ou trouver des alliances alternatives ? La réponse pourrait se jouer dans les montagnes enneigées de Suisse, sous un soleil froid qui rappelle les défis climatiques et géopolitiques du XXIe siècle.