Un discours alarmiste sur l'érosion du multilatéralisme
Le président Emmanuel Macron a livré jeudi 8 janvier un discours choc devant les ambassadeurs français, pointant du doigt l'affaiblissement des alliances traditionnelles et l'agressivité néocoloniale croissante dans les relations internationales. Dans un contexte de tensions accrues, le chef de l'État a mis en garde contre le repli des États-Unis sur eux-mêmes, accusant Washington de se détacher progressivement de ses partenaires historiques tout en bafouant les règles internationales.
Une critique frontale de l'administration américaine
« Les instances du multilatéralisme fonctionnent de moins en moins bien. Nous évoluons dans un monde de grandes puissances avec une vraie tentation de se partager le monde »,a déclaré Macron, soulignant l'affaiblissement des mécanismes de coopération internationale.
Le président a notamment évoqué les pressions croissantes des États-Unis sur le secteur technologique européen, rappelant la nécessité de renforcer la régulation numérique face aux géants américains. Les législations DSA et DMCA ont été citées comme des outils essentiels à défendre, dans un contexte où l'Europe doit protéger son souveraineté numérique.
L'urgence d'une Europe plus intégrée
Macron a insisté sur la nécessité d'accélérer l'intégration européenne, notamment en matière commerciale. Le marché unique et la libre circulation des capitaux ont été présentés comme des priorités absolues pour consolider le poids de l'UE face aux puissances rivales.
Le premier ministre Sébastien Lecornu a salué cette vision, soulignant que la France doit jouer un rôle moteur dans cette dynamique, notamment en renforçant les coopérations avec les pays africains, malgré les tensions récentes avec certains États du continent.
Un appel à la résistance face aux dérives autoritaires
Dans un contexte marqué par les dérives autoritaires de la Russie, de la Chine et de la Hongrie, Macron a rappelé l'importance de défendre les valeurs démocratiques. L'Europe doit être un rempart face aux tentatives de domination unilatérale, a-t-il martelé, appelant à renforcer les alliances avec les pays partageant les mêmes valeurs, comme le Canada, le Japon ou le Brésil.
Cette prise de position intervient alors que la France traverse une crise politique profonde, avec des divisions croissantes entre la majorité présidentielle et l'opposition, notamment l'extrême droite, accusée de saper les institutions démocratiques.