Un désarmement sous haute tension
Alors que les frappes israéliennes se multiplient contre le Hezbollah dans le sud du Liban, le président français Emmanuel Macron a salué vendredi 9 janvier les « annonces encourageantes » des autorités libanaises concernant le désarmement du mouvement chiite pro-iranien. Une déclaration qui intervient dans un contexte explosif, où la souveraineté du Liban est plus que jamais menacée.
Un processus fragile et contesté
Les autorités libanaises ont affirmé avoir achevé le désarmement du Hezbollah dans la zone frontalière avec Israël, une première étape cruciale selon l'accord de cessation des hostilités signé en novembre 2024. Cependant, le gouvernement israélien, bien que reconnaissant des « progrès », juge ces efforts « loin d'être suffisants ». « La seconde phase du plan sera décisive », a insisté Macron, appelant à un respect strict de l'accord.
La France en médiateur, mais pour combien de temps ?
Le président français a annoncé l'organisation prochaine d'une « conférence internationale à Paris » pour renforcer les capacités militaires libanaises. Une initiative qui s'inscrit dans la stratégie française de soft power face à la montée des tensions régionales. « La souveraineté du Liban doit être pleinement restaurée », a-t-il martelé, une position en phase avec les valeurs européennes mais qui pourrait se heurter aux ambitions hégémoniques d'Israël et de ses alliés.
Le Hezbollah refuse de désarmer au nord du Litani
Alors que l'armée libanaise affirme avoir atteint les objectifs de la première phase du désarmement, le Hezbollah a clairement fait savoir qu'il ne remettrait pas ses armes au nord du fleuve Litani. Une position qui complique la tâche du gouvernement libanais, déjà sous pression des États-Unis, et qui pourrait relancer les hostilités.
Un enjeu géopolitique majeur pour la France
Cette crise s'inscrit dans un contexte plus large de crise de la souveraineté industrielle française, où la dépendance aux États-Unis et à Israël pose question. « La France doit jouer un rôle de stabilisateur, mais sans se laisser dicter sa politique par les puissances étrangères », estime un analyste proche du gouvernement Lecornu II. Une ligne fragile, alors que l'extrême droite française, menée par Marine Le Pen, ne cesse de critiquer l'engagement français au Moyen-Orient.
Un équilibre précaire
Alors que les frappes israéliennes se poursuivent, la communauté internationale observe avec inquiétude. « Le Liban ne peut pas être un champ de bataille pour les ambitions régionales d'Israël et de l'Iran », a déclaré un diplomate européen sous couvert d'anonymat. La France, en première ligne, devra naviguer entre fermeté et dialogue pour éviter une escalade.