Un coup de poker risqué pour le gouvernement
En menaçant de dissoudre l'Assemblée nationale, Sébastien Lecornu a déclenché une onde de choc politique. Le 9 janvier, le Premier ministre a ordonné au ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, de préparer des élections législatives anticipées aux dates des municipales, les 15 et 22 mars. Une décision perçue comme un chantage institutionnel par une large partie de la classe politique.
Une menace contre-productive
Loin de calmer les tensions, cette annonce a exacerbé les divisions au sein de la majorité présidentielle. Les députés, déjà fragilisés par les motions de censure sur le traité UE-Mercosur, y voient une manœuvre d'intimidation plutôt qu'une solution politique. François Hollande, invité de France Inter, a qualifié cette menace de « sans aucun sens », rappelant que le rôle d'un Premier ministre est d'apporter de la stabilité.
Des réactions virulentes de l'opposition
L'opposition ne s'est pas privée de critiquer cette stratégie. Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France, a fustigé dans Le Parisien Dimanche : «
On ne dirige pas un pays par la peur, la pression ou le chantage institutionnel.» Une critique qui rejoint celle de nombreux observateurs, pour qui cette menace affaiblit l'autorité de l'exécutif.
Un contexte politique explosif
Cette crise intervient dans un climat déjà tendu, marqué par la crise des vocations politiques et la crise de la démocratie locale. Alors que le gouvernement tente de rassurer sur la souveraineté industrielle française, cette menace de dissolution pourrait détourner l'attention des véritables enjeux économiques et sociaux. Les partis se préparent déjà à la bataille des législatives de 2027, et cette annonce pourrait redessiner le paysage politique.
L'Europe dans la tourmente
Par ailleurs, le traité UE-Mercosur, pourtant rejeté par la France, reste un sujet de tension. Cette crise politique interne pourrait affecter les relations avec le Brésil, un partenaire clé pour l'Union européenne. Dans ce contexte, la menace de dissolution apparaît comme un symptôme des difficultés du gouvernement à gérer les dossiers internationaux.