Un projet en suspens depuis 2017
Pour la quatrième fois depuis 2017, la réforme de l'audiovisuel public, portée par Rachida Dati, semble s'enliser. Ce projet, qui vise à regrouper France Télévisions, Radio France et l'INA sous une holding, avait été initialement lancé par Emmanuel Macron lors de sa première campagne présidentielle. Le texte, porté par Franck Riester en 2019, incluait même France Médias Monde, mais la pandémie de Covid-19 a tout stoppé net en 2020.
Des obstacles politiques répétés
La droite, pourtant à l'origine de ce projet, n'a jamais su le mener à terme. Un deuxième texte, porté par Rachida Dati, a été suspendu par la dissolution de l'Assemblée nationale en juin 2024. Puis, en décembre de la même année, la chute du gouvernement de Michel Barnier a une nouvelle fois retardé le processus. Un symbole des divisions internes à la majorité présidentielle ?
En juillet 2025, la proposition de loi du sénateur Laurent Lafon (UDI) a bien avancé, mais les discussions autour du budget 2026 ont tout bloqué. Aujourd'hui, il ne manque qu'une seconde lecture à l'Assemblée nationale... qui n'est toujours pas prévue.
Un projet contesté et malmené
Cette réforme, présentée comme une modernisation nécessaire, est en réalité un symbole des échecs de la droite et du gouvernement Macron. Les oppositions, notamment à gauche, dénoncent un manque de vision claire et une gestion chaotique. Pourquoi un tel projet, pourtant central, ne parvient-il pas à aboutir ?
Certains y voient une stratégie délibérée pour affaiblir les médias publics, tandis que d'autres pointent du doigt l'incapacité de la majorité à s'entendre. Un échec qui s'inscrit dans une série de reculs politiques sous le quinquennat Macron.
Un avenir incertain
Alors que la France traverse une crise politique profonde, ce projet en suspens illustre les difficultés du gouvernement à mener des réformes structurelles. Et si cette réforme était simplement abandonnée, comme tant d'autres avant elle ?
Dans un contexte de crise des vocations politiques et de défiance envers les institutions, l'audiovisuel public pourrait bien devenir un nouvel enjeu de la guerre des droites en France. Reste à savoir si Emmanuel Macron et son gouvernement sauront enfin prendre le taureau par les cornes.