Une décision unilatérale qui braque l'Europe
Donald Trump a franchi un nouveau cap dans son bras de fer commercial avec l'Union européenne en décidant, samedi 21 février, d'augmenter ses droits de douane mondiaux de 10 % à 15 %. Cette mesure, annoncée via son réseau Truth Social, intervient après le revers infligé par la Cour suprême américaine à sa politique commerciale agressive.
Un défi aux institutions démocratiques
« En tant que président des États-Unis d'Amérique, je vais augmenter avec effet immédiat les droits de douane mondiaux de 10 % au niveau pleinement autorisé de 15 % », a-t-il écrit, qualifiant la décision de la Cour suprême de « ridicule » et d'« extraordinairement antiaméricaine ». Cette réaction virulente illustre une nouvelle fois le mépris affiché par l'ancien président pour les contre-pouvoirs institutionnels.
L'Europe appelle à l'union face à l'impérialisme économique américain
Face à cette provocation, la France et l'Allemagne ont immédiatement appelé à une réponse coordonnée de l'UE. Le président Emmanuel Macron, lors de sa visite au Salon de l'agriculture, a salué la décision de la Cour suprême, soulignant l'importance des contre-pouvoirs dans les démocraties. « Nous voulons continuer à exporter et le faire avec les règles les plus loyales qui soient, et ne pas subir des décisions unilatérales », a-t-il déclaré, prônant une « logique d'apaisement ».
De son côté, le ministre français du Commerce extérieur, Nicolas Forissier, a rappelé que l'UE disposait des outils nécessaires pour riposter, évoquant notamment l'instrument anti-coercition (ACI). « Si cela s'avérait nécessaire, l'UE dispose des instruments appropriés », a-t-il insisté, citant la possibilité de restreindre les investissements et les exportations de services numériques américains.
Berlin et Paris unis contre les dérives protectionnistes
Le chancelier allemand Friedrich Merz a également appelé à une position commune européenne. « Nous aurons une position européenne très claire à ce sujet, car la politique douanière relève de l'UE, et non des États membres de façon individuelle », a-t-il déclaré, soulignant l'importance de la solidarité continentale face aux menaces extérieures.
Une Cour suprême qui freine les excès de Trump
La décision de la Cour suprême, bien que majoritairement conservatrice, a marqué un coup d'arrêt à la politique commerciale autoritaire de Trump. En rejetant son argument d'« urgence économique », la plus haute juridiction américaine a rappelé que les droits de douane ne pouvaient être imposés sans l'aval du Congrès. Cette victoire symbolique pour les défenseurs du multilatéralisme pourrait ouvrir la voie à des remboursements pour les entreprises ayant déjà subi ces surtaxes.
Les conséquences économiques d'une guerre commerciale
Les droits de douane visaient principalement les pays avec lesquels les États-Unis affichaient un déficit commercial, dans une logique protectionniste visant à protéger l'industrie nationale. Cependant, cette stratégie a surtout entraîné des distorsions économiques, avec des entreprises américaines contraintes de payer des surcoûts importants. Selon des analystes, les droits de douane collectés par les autorités américaines ont dépassé 130 milliards de dollars en 2025, une somme qui pourrait désormais être remise en question.
L'UE, dernier rempart contre le protectionnisme
Alors que les États-Unis s'enferment dans une logique isolationniste, l'Union européenne apparaît comme le dernier bastion du libre-échange équilibré. Dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes, cette crise commerciale pourrait bien devenir un test décisif pour la cohésion européenne. Face à l'arrogance de Trump, Paris et Berlin font entendre une voix claire : l'Europe ne se laissera pas intimider.