Un clash diplomatique à Davos
Le président français Emmanuel Macron et son homologue américain Donald Trump ont croisé le fer mercredi 21 janvier 2026 lors du Forum économique mondial de Davos, en Suisse. Une confrontation symbolique qui illustre les tensions croissantes entre la France et les États-Unis, dans un contexte de crise des relations franco-américaines.
Les moqueries de Trump sur Macron
Donald Trump n'a pas manqué de critiquer le discours prononcé la veille par Emmanuel Macron, qui portait des lunettes de soleil en raison d'un problème oculaire. Avec une ironie mordante, le président américain a déclaré :
"Je l'ai regardé hier avec ces belles lunettes de soleil... Qu'est-ce que c'était que ça ? Mais je l'ai vu jouer le dur à cuire."
Cette remarque intervient alors que le chef de l'État français avait appelé à privilégier "le respect" et "l'État de droit" face aux "brutes", une allusion à peine voilée à la diplomatie agressive de Washington.
Un bras de fer économique et politique
La tension entre les deux dirigeants s'est intensifiée mardi, lorsque Trump a menacé la France d'une taxe de 200% sur ses vins et champagnes si Paris refusait de rejoindre son "Conseil de paix", une initiative controversée visant à contourner l'ONU. Une provocation qui a suscité l'indignation dans les rangs gouvernementaux français.
Pourtant, le Premier ministre Sébastien Lecornu a tenté de minimiser l'incident, rappelant que la France "ne cédera pas aux chantages" et que l'Union européenne devait rester unie face aux pressions américaines.
Un contexte international explosif
Cette passe d'armes s'inscrit dans un contexte de crise des relations franco-américaines, exacerbée par les positions unilatérales de Washington sur des dossiers comme le Groenland ou la Syrie. Les critiques de Trump envers l'Europe, qualifiée de "faible" et "dépendante", ont également alimenté les tensions.
Du côté français, on souligne que la France et ses partenaires européens doivent renforcer leur autonomie stratégique, notamment dans les domaines technologique et énergétique, pour résister aux pressions américaines.
La réponse française : fermeté et solidarité européenne
Emmanuel Macron a réaffirmé mardi que la France ne perdrait pas son temps avec des "idées folles", une référence claire aux propositions de Trump. Le gouvernement français a également annoncé une contre-offensive diplomatique, avec une campagne sur les réseaux sociaux baptisée "French Response" pour défendre les intérêts nationaux.
Cette stratégie s'inscrit dans une volonté plus large de renforcer la souveraineté européenne, face à un partenaire américain de plus en plus imprévisible. Les pays de l'UE, notamment l'Allemagne et l'Italie, ont d'ailleurs exprimé leur soutien à la position française.
Les réactions politiques en France
À gauche, Jean-Luc Mélenchon a salué la fermeté de Macron, tout en appelant à une politique étrangère plus indépendante. "Le droit est une force", a-t-il rappelé, faisant écho aux critiques contre l'unilatéralisme américain.
À droite, en revanche, les réactions sont plus mitigées. Marine Le Pen a critiqué Macron pour avoir "provocé" Trump, tandis que certains élus LR ont appelé à un dialogue plus apaisé avec Washington.
Un enjeu pour 2027
Cette crise intervient alors que la France se prépare pour les élections présidentielles de 2027. La question de la relation avec les États-Unis et de l'autonomie européenne devrait être un thème central de la campagne, avec un clivage marqué entre une droite pro-américaine et une gauche plus critique envers Washington.
Pour l'instant, le gouvernement Lecornu II mise sur une ligne de fermeté, tout en évitant l'escalade. Mais l'affaire pourrait bien rebondir, notamment si Trump maintient ses menaces commerciales.