Eurodéputée LFI accusée de soutien au Hamas après un geste controversé au Parlement européen

Par SilverLining 08/10/2026 à 14:25
Eurodéputée LFI accusée de soutien au Hamas après un geste controversé au Parlement européen

L'eurodéputée LFI Rima Hassan provoquait une polémique en renversant des drapeaux israélien et européen lors d'une exposition sur l'attaque du 7 octobre. Le président du Crif exige des sanctions immédiates.

Un geste qui enflamme les débats au Parlement européen

Les couloirs du Parlement européen à Strasbourg ont été le théâtre, ce lundi 6 octobre 2025, d’une scène qui ne manquera pas de faire couler beaucoup d’encre. Lors d’une exposition commémorative dédiée aux victimes de l’attaque du 7 octobre 2023, une figure de l’extrême gauche française, Rima Hassan, eurodéputée du groupe La France Insoumise, a été filmée en train de renverser délibérément deux drapeaux : celui d’Israël et celui de l’Union européenne. Une action qui, pour ses détracteurs, constitue bien plus qu’un simple incident protocolaire. « Ce geste symbolise un alignement politique et idéologique avec une organisation terroriste », a dénoncé avec véhémence Yonathan Arfi, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), dans une déclaration rapportée par plusieurs médias nationaux.

Une polémique aux relents géopolitiques

La vidéo, largement relayée sur les réseaux sociaux, montre l’eurodéputée manipulant les drapeaux avant qu’ils ne tombent au sol. Si elle a reconnu avoir retiré le drapeau israélien de son support, elle a catégoriquement nié toute intention de le piétiner, affirmant que le drapeau européen, fixé sur le même pied, était tombé sous l’effet d’un déséquilibre mécanique. « Aucun drapeau n’a été piétiné ni détérioré », a-t-elle assuré à l’Agence France-Presse, une version des faits que Yonathan Arfi refuse catégoriquement d’entériner. Pour lui, ces explications relèvent de la minimisation a posteriori d’un acte qui, selon lui, « dépasse largement le cadre d’un simple incident ».

Le président du Crif va plus loin encore en qualifiant ce geste de « trahison des valeurs démocratiques ». Dans un entretien accordé à la presse, il a estimé que l’eurodéputée avait « symboliquement pris le parti du Hamas » devant les familles des victimes de l’attaque de 2023, dont 51 ressortissants français. « Une élue européenne ne peut se permettre de bafouer les symboles d’un État souverain, ni ceux d’une institution qu’elle représente », a-t-il martelé, avant d’appeler à des sanctions exemplaires de la part de l’Assemblée de Strasbourg.

L’Union européenne face à ses contradictions

La réaction du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, lors d’une prise de parole à l’Assemblée nationale, reflète l’embarras des institutions européennes face à cette affaire. Interrogé sur la gravité d’un tel acte, il a reconnu que, « si les allégations étaient fondées », des mesures disciplinaires s’imposeraient. « J’espère que les commémorations pourront se dérouler dans les meilleures conditions possibles », a-t-il ajouté, en référence aux commémorations organisées en mémoire des victimes françaises du 7 octobre. Une prudence dans les termes qui contraste avec la fermeté des propos tenus par les organisations communautaires.

Cette affaire survient dans un contexte particulièrement tendu, où les tensions entre les différentes familles politiques au sein de l’Union européenne s’exacerbent. Alors que certains groupes, notamment à gauche, défendent une ligne plus critique envers la politique israélienne, d’autres, à l’image des Verts ou des sociaux-démocrates, appellent au respect des symboles institutionnels. L’extrême gauche française, souvent en première ligne sur les questions de solidarité internationale, se retrouve une fois de plus au cœur des débats, avec des figures comme Rima Hassan régulièrement pointées du doigt pour leurs positions jugées ambiguës sur le conflit israélo-palestinien.

La stratégie de l’outrance mise en lumière

Pour ses détracteurs, Rima Hassan incarne une stratégie délibérée de provocation, visant à instrumentaliser les institutions européennes pour porter un message politique radical. Yonathan Arfi n’hésite pas à comparer ses agissements à ceux d’autres personnalités d’extrême gauche, qu’il accuse de « refuser de qualifier le Hamas d’organisation terroriste », une omission qu’il considère comme une « légitimation indirecte » du groupe armé. « Ce n’est pas un hasard si ces actes se multiplient depuis des mois », a-t-il souligné, évoquant une « logique de confrontation permanente ».

Dans un climat où l’antisémitisme et l’islamophobie connaissent une recrudescence alarmante en Europe, cette affaire ravive les craintes d’une polarisation accrue des débats. Les associations de lutte contre les discriminations, bien que prudentes dans leurs réactions, pointent du doigt la nécessité de sanctionner les discours de haine, qu’ils émanent de l’extrême droite ou de l’extrême gauche. Les institutions européennes, souvent critiquées pour leur manque de fermeté, se retrouvent une fois de plus sous le feu des projecteurs.

Un précédent qui interroge l’équilibre démocratique

Au-delà de la polémique immédiate, cette affaire soulève des questions plus larges sur la liberté d’expression au sein des institutions européennes. Peut-on, en effet, tolérer qu’un élu use de sa tribune pour remettre en cause des symboles démocratiques, fussent-ils ceux d’un État tiers ? Les défenseurs des droits humains rappellent que le Parlement européen, en tant que symbole de la démocratie européenne, ne peut être le théâtre d’actes qui sapent les fondements mêmes de ses valeurs.

Certains observateurs s’interrogent également sur la réaction des autres groupes politiques au sein de l’hémicycle. Si la droite et l’extrême droite, traditionnellement pro-israéliennes, ont saisi l’occasion pour dénoncer une nouvelle fois la « complaisance de la gauche radicale », les partis centristes et libéraux peinent à trouver une position unifiée. « Nous ne pouvons accepter que des élus bafouent sciemment les symboles d’un État membre de l’UE », a déclaré une source au sein du groupe Renew Europe, sous couvert d’anonymat.

Face à l’ampleur de la polémique, le Bureau du Parlement européen a annoncé l’ouverture d’une enquête interne pour déterminer si les règles de déontologie ont été enfreintes. Une procédure qui, si elle aboutit, pourrait entraîner des sanctions allant de l’avertissement à la suspension temporaire, voire définitive, du mandat de l’eurodéputée concernée.

Les répercussions sur le paysage politique français

En France, où les tensions politiques sont déjà vives à l’approche des prochaines échéances électorales, cette affaire intervient comme un élément de plus dans la guerre des narratifs. Alors que le gouvernement Lecornu II tente de maintenir un équilibre précaire entre les différentes sensibilités, l’affaire Rima Hassan donne des munitions aux partisans d’une ligne plus ferme envers les mouvements radicaux. « La République ne peut tolérer que des élus instrumentalisent les institutions pour des causes qui sapent nos valeurs », a réagi un proche du ministère de l’Intérieur, soulignant l’importance de ne pas laisser prospérer les discours de division.

Du côté de La France Insoumise, on minimise l’impact de l’incident, évoquant une « campagne de diffamation » orchestrée par les milieux pro-israéliens. « Rima Hassan défend une ligne de solidarité internationale et de justice pour les Palestiniens », a réagi un porte-parole du groupe, avant d’ajouter que « les symboles ne doivent pas servir de prétexte à une instrumentalisation politique ».

Cette affaire, en tout cas, illustre une fois de plus la fracture qui traverse non seulement l’Europe, mais aussi la France, entre ceux qui prônent un engagement ferme pour les droits humains et ceux qui, au nom de la Realpolitik, défendent une ligne plus conciliante envers les régimes autoritaires. Dans un contexte où les démocraties sont mises à l’épreuve par la montée des extrêmes, la question n’est plus seulement de savoir si Rima Hassan sera sanctionnée, mais bien comment l’Europe parviendra à préserver son unité face aux divisions idéologiques.

À propos de l'auteur

SilverLining

On me demande souvent comment je garde espoir face au désastre politique actuel. Ma réponse est simple : je vois ce qui se passe sur le terrain. Des citoyens qui s'organisent, des collectifs qui naissent, des alternatives qui émergent. La politique ne se résume pas aux jeux de pouvoir parisiens. Partout en France, des gens refusent la résignation et inventent autre chose. C'est cette France-là que je documente, celle qui ne fait jamais les gros titres mais qui prépare le monde d'après.

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Commentaires (1)

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Tmèse

il y a 1 heure

Non mais sérieux ??? Ils veulent nous faire croire que renverser des drapeaux c'est de la résistance ?! Genre c'est ça la lutte anti-impérialiste maintenant ?! Pfff... Et après on s'étonne que la France soit à couteaux tirés avec tout le monde ptdr

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