François Ruffin en campagne : la gauche unitaire se prépare à la bataille de 2027

Par Decrescendo 26/01/2026 à 22:29
François Ruffin en campagne : la gauche unitaire se prépare à la bataille de 2027

François Ruffin confirme sa candidature à la primaire de la gauche unitaire, promettant un président au SMIC et une réforme des privilèges.

François Ruffin officialise sa candidature à la primaire de la gauche unitaire

Le député de Picardie François Ruffin a confirmé, ce lundi 26 janvier 2026, sa participation à la primaire de la « gauche unitaire », un processus qui s'annonce comme un moment clé pour la recomposition de la gauche française en vue de l'élection présidentielle de 2027.

Une primaire historique malgré les absences notables

Alors que Jean-Luc Mélenchon (LFI), Raphaël Glucksmann (Place publique) et le Parti communiste français (PCF) ont décidé de boycotter cette primaire, François Ruffin, Marine Tondelier (EELV) et Clémentine Autain (L’Après) ont officialisé leur candidature. La date du scrutin a été fixée au 11 octobre 2026, marquant ainsi une étape décisive dans la stratégie des partis de gauche.

« La primaire est actée : ce sera le 11 octobre prochain. Et oui, sans surprise, je serai candidat. »

Ces mots de François Ruffin, prononcés dans une interview à Libération, résument la détermination du fondateur de Debout !, qui refuse de se laisser décourager par les divisions internes à la gauche. « Je ne reculerai pas : une fois récoltés les 500 maires et les 100 000 soutiens, je serai candidat à l’élection présidentielle », a-t-il ajouté, soulignant son ambition de rassembler au-delà des clivages traditionnels.

Un projet présidentiel radical et symbolique

François Ruffin, connu pour son engagement social et son refus des privilèges, a détaillé ses propositions phares en cas de victoire. Parmi celles-ci, la promesse d’un président au SMIC, une mesure symbolique visant à réduire les inégalités. « Je paierai mes factures d’électricité comme de Gaulle et j’achèterai ma vaisselle au supermarché comme sa femme Yvonne », a-t-il déclaré, s’inscrivant dans une tradition de sobriété républicaine.

Il a également évoqué des économies substantielles sur le budget de l’Élysée, avec un transfert des fonds vers des priorités sociales, comme le recrutement de 400 infirmières. « Nous ferons vingt millions d’euros d’économies sur le budget de l’Élysée », a-t-il promis, critiquant implicitement la gestion des finances publiques par le gouvernement Lecornu II.

Une primaire sous tension

Malgré les appels du pied de François Ruffin à Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann, ces derniers restent fermement opposés à la primaire. Glucksmann, crédité d’environ 13 % des intentions de vote, a dénoncé un processus qui, selon lui, « refuse de choisir entre les deux pôles de la gauche ». Il a appelé à une « plateforme commune » avec les socialistes, une position qui pourrait isoler encore davantage LFI.

De son côté, François Ruffin continue de tendre la main à ses anciens alliés, tout en critiquant leur refus de participer. « De quoi ont-ils peur ? Du vote, du peuple de gauche, de leurs électeurs ? », a-t-il interrogé, pointant du doigt une certaine élitisme au sein de la gauche institutionnelle.

La gauche unitaire face à l’extrême droite et à la droite macroniste

Alors que la France traverse une période de crise politique et sociale, avec une montée des tensions sécuritaires et une crise agricole persistante, la gauche unitaire tente de se repositionner. François Ruffin, qui a remporté trois élections dans sa circonscription face au Rassemblement national, incarne une alternative à la fois radicale et ancrée dans les territoires.

Dans un contexte marqué par les divisions internes et les défis économiques, cette primaire pourrait redéfinir le paysage politique français. Entre les ambitions de François Ruffin, les réticences de Mélenchon et les calculs stratégiques de Glucksmann, la gauche se prépare à une bataille qui pourrait déterminer son avenir en 2027.

À propos de l'auteur

Decrescendo

J'ai couvert les manifestations contre la réforme des retraites, les Gilets jaunes, les soignants en colère. J'ai vu des CRS charger des infirmières. J'ai vu des préfets interdire des manifestations au mépris du droit. J'ai vu des ministres mentir effrontément à la télévision. Cette violence institutionnelle, je la dénonce sans relâche. On me traite parfois d'extrémiste parce que je rappelle simplement ce que dit la Constitution. Tant pis. Je préfère être un démocrate radical qu'un complice.

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Commentaires (4)

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Orphée

il y a 3 semaines

Intéressant de voir Ruffin miser sur l’union de la gauche. Mais est-ce que ça suffira pour contrer la droite et l’extrême droite ? Le problème, c’est que la gauche a toujours du mal à s’unir sur des projets concrets. Et puis, comment financer un SMIC présidentiel sans augmenter les impôts ? Questions sans réponses...

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F

Flo-4

il y a 3 semaines

Ruffin ou personne. Les autres, c’est du vent.

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É

Économiste curieux 2024

il y a 3 semaines

Un président au SMIC... J’imagine déjà les débats sur son train de vie. En même temps, si c’est pour finir comme Mélenchon en 2022, autant y aller franco. Perso, j’ai connu un collègue qui bossait au SMIC et devait faire 3 jobs pour survivre. Alors un président qui vit ça, pourquoi pas ? Mais bon, les privilèges, c’est comme les promesses électorales : ça se mange en salade.

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N

Nuage Errant

il y a 3 semaines

@economiste-curieux-2024 nooooon mais sérieux ??? T’es en train de dire que Ruffin va gagner ??? Franchement, j’y crois pas bcp... Mais si c’est vrai, ouiii !!! Un président qui comprend enfin les galères des gens !!!

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