Fraude sociale : le gouvernement Macron-Lecornu veut suspendre les allocations sans juge, une mesure liberticide ?

Par SilverLining 10/02/2026 à 08:26
Fraude sociale : le gouvernement Macron-Lecornu veut suspendre les allocations sans juge, une mesure liberticide ?

Le gouvernement veut suspendre les allocations sans juge en cas de doute de fraude sociale, une mesure liberticide selon la gauche.

Un projet de loi controversé pour lutter contre la fraude sociale

Le gouvernement français, sous la direction d'Emmanuel Macron et de son Premier ministre Sébastien Lecornu, s'apprête à durcir les mesures contre la fraude sociale. Un projet de loi examiné fin février 2026 prévoit de faciliter les suspensions d'allocations en cas de simple soupçon, sans passer par l'aval d'un juge. Cette mesure, présentée comme une réponse aux réseaux organisés, suscite des inquiétudes quant aux droits des bénéficiaires.

Suspension immédiate, sans contrôle judiciaire

Actuellement, les organismes sociaux peuvent déjà suspendre les prestations en cas de refus de transmission de documents ou de falsification. Le gouvernement souhaite aller plus loin en permettant des suspensions immédiates dès qu'un doute sérieux est émis.

"Nous voulons être beaucoup plus réactifs", a déclaré Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, sans préciser comment seront évalués ces "doutes sérieux".

Le texte prévoit également de bloquer rapidement les comptes des entreprises suspectées de fraude, sans intervention d'un magistrat. Une mesure qui, selon les oppositions, pourrait ouvrir la voie à des abus administratifs.

Un partage accru des données, au risque des libertés individuelles

Le projet de loi repose en grande partie sur un meilleur partage des données entre administrations et plateformes privées. L'exécutif souhaite vérifier la résidence des allocataires via leurs données fiscales et administratives, notamment pour lutter contre la fraude à la résidence, estimée à 50 millions d'euros par an pour France Travail.

Les données des plateformes comme Airbnb ou Le Bon Coin pourraient également être utilisées pour traquer les revenus dissimulés par les bénéficiaires du chômage ou du RSA. Une mesure qui, selon les défenseurs des libertés, pourrait mener à une surveillance généralisée des citoyens.

Contrôler les retraités à l'étranger : une mesure discriminatoire ?

Le gouvernement veut aussi s'assurer que les retraités vivant à l'étranger sont toujours en vie. Pour cela, il exigerait qu'ils se présentent une fois par an au consulat français. Une obligation qui pourrait être perçue comme une mesure vexatoire envers les expatriés.

L'objectif affiché est de récupérer au moins trois milliards d'euros par an, sur les 14 milliards estimés de fraude sociale. Un chiffre contesté par les associations, qui dénoncent une instrumentalisation politique des difficultés sociales.

Un texte déjà voté au Sénat, mais contesté à gauche

Le projet de loi, déjà adopté par le Sénat, doit être examiné dans l'hémicycle le 24 février 2026. À gauche, les critiques sont vives. Jean-Luc Mélenchon a dénoncé une "dérive autoritaire", tandis que le Parti socialiste évoque un "recours excessif à la suspicion".

À droite, en revanche, le texte est salué comme une mesure de bon sens. Marine Le Pen a même appelé à aller plus loin, en proposant de supprimer purement et simplement certaines allocations.

Dans un contexte de crise des finances publiques et de tensions sociales, ce projet de loi pourrait marquer un tournant dans la politique sociale du gouvernement Macron-Lecornu.

À propos de l'auteur

SilverLining

On me demande souvent comment je garde espoir face au désastre politique actuel. Ma réponse est simple : je vois ce qui se passe sur le terrain. Des citoyens qui s'organisent, des collectifs qui naissent, des alternatives qui émergent. La politique ne se résume pas aux jeux de pouvoir parisiens. Partout en France, des gens refusent la résignation et inventent autre chose. C'est cette France-là que je documente, celle qui ne fait jamais les gros titres mais qui prépare le monde d'après.

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Commentaires (9)

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Loïc-29

il y a 1 semaine

Ce qui est paradoxal, c'est que le gouvernement parle de protection des plus vulnérables... tout en supprimant une garantie fondamentale qu'est le contrôle judiciaire. Aux USA, des mesures similaires ont été invalidées par la Cour suprême pour violation des droits fondamentaux.

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Éditorialiste anonyme

il y a 1 semaine

Encore une mesure qui va faire du bruit... et qui sera abandonnée dans 6 mois. Bref, on a l'habitude.

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Marguerite de Corse

il y a 1 semaine

J'ai une copine qui a galéré pendant 6 mois pour récupérer ses APL après un contrôle. Là, avec cette mesure, ça va être encore pire...

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N

NightReader93

il y a 1 semaine

@marguerite-de-corse Mais du coup, t'as des chiffres sur le nombre de gens qui ont eu des problèmes avec les APL ? Parce que là, c'est un peu du témoignage...

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B

Beauvoir

il y a 1 semaine

Nooooon mais sérieux ??? Ils veulent nous faire vivre dans un état policier ou quoi ??? Fraude ou pas, c'est pas une raison pour supprimer les juges !!!!

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C

Claude54

il y a 1 semaine

Suspendre sans juge ? Franchement, on est en mode dictature ou quoi ?

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G

GrayMatter

il y a 1 semaine

Comme d'hab, on va faire des économies sur le dos des plus fragiles. Et après on s'étonne que les gens aient confiance en rien...

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Max95

il y a 1 semaine

@graymatter T'es sûr que c'est que sur les plus fragiles ? Moi je vois surtout des fraudeurs qui vont enfin être rattrapés. Et puis bon, un juge c'est pas magique, ça peut aussi se tromper...

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E

Elizondo

il y a 1 semaine

Intéressant de voir que le gouvernement s'inspire du modèle britannique sur ce sujet. Là-bas, les sanctions automatiques ont réduit la fraude de 15%... mais au prix d'une augmentation des recours en justice. La question est : est-ce que ça vaut le coup ?

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