Un remaniement annoncé, mais pas seulement pour les candidats aux municipales
Alors que le gouvernement Lecornu II peine à imposer sa crédibilité, un remaniement ministériel se profile à l'horizon. Officiellement justifié par le départ de Rachida Dati, qui quittera le ministère de la Culture pour se consacrer à sa campagne parisienne, cette refonte pourrait en réalité toucher bien d'autres figures du gouvernement.
Les ministres candidats sous pression
Plusieurs ministres engagés dans la course aux municipales voient leur avenir au gouvernement menacé. Michel Fournier, ministre délégué à la Ruralité, pourrait être contraint de quitter son poste s'il est réélu à Voivres (Vosges). Son entourage assure pourtant sa loyauté envers Sébastien Lecornu, mais la cohérence gouvernementale semble primer.
Marina Ferrari, ministre des Sports et de la Jeunesse, est dans une position plus délicate. En charge des Jeux Olympiques de 2030, elle doit se rendre aux JO de Milan-Cortina en février. Son ambition municipale à Aix-les-Bains (Savoie) pourrait pourtant lui coûter son portefeuille, malgré ses déclarations optimistes :
"L'un n'empêche pas l'autre. Au contraire : je pense que pour être un bon ministre, il faut être ancré sur son territoire."
Un bilan sévère pour une équipe en difficulté
Au-delà des cas individuels, c'est l'ensemble du gouvernement qui fait l'objet de critiques acerbes. "Une bonne moitié des ministres sont inconnus et n'ont rien imprimé", confie un député macroniste. Cette analyse reflète un malaise plus profond : celui d'une équipe gouvernementale perçue comme inefficace, en pleine crise de légitimité.
Parmi les noms cités comme menacés, celui de Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée à l'Intérieur, fait particulièrement débat. Ses prises de position controversées, comme son opposition à la naturalisation de George Clooney, ont fragilisé sa position. "Elle va évidemment sortir. C'est la catastrophe, ça se passe très mal", confie une source gouvernementale.
Les profils de la société civile sous le feu des critiques
Les ministres issus de la société civile, censés renouveler le visage du gouvernement, sont particulièrement scrutés. Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, est critiquée pour sa discrétion médiatique. Son entourage défend pourtant une approche technique :
"Monique Barbut n'a pas la volonté d'être connue ou reconnue par les Français, elle a envie de faire avancer ses dossiers."
Mais cette discrétion pourrait bien lui coûter son poste, dans un contexte où l'exécutif exige une plus grande visibilité médiatique.
Darmanin et la question présidentielle
Gérald Darmanin, ministre de la Justice, reste un poids lourd du gouvernement. Son ambition présidentielle, qu'il a récemment évoquée, pourrait cependant le conduire à quitter le gouvernement. Sébastien Lecornu entend dresser une frontière étanche entre ses ministres et la campagne de 2027, et pourrait exiger des engagements clairs de la part de ses troupes.
"On va avoir Lecornu jusqu'en avril 2027", assure un cadre macroniste. Mais cette perspective semble de plus en plus incertaine, alors que le gouvernement peine à imposer son agenda politique.
Un remaniement stratégique avant 2027
Au-delà des considérations immédiates, ce remaniement s'inscrit dans une logique plus large : préparer la séquence présidentielle. Sébastien Lecornu entend constituer une équipe "désengagée de 2027" et prête à porter des réformes substantielles. Mais dans un contexte de défiance croissante envers l'exécutif, cette opération pourrait bien s'avérer insuffisante pour redonner du souffle à un gouvernement en perte de vitesse.