Grève massive du 5 novembre : les syndicats en ordre de bataille contre Macron

Par Aporie 05/11/2026 à 07:10
Grève massive du 5 novembre : les syndicats en ordre de bataille contre Macron

Plus de 240 villes paralysées ce 5 novembre : syndicats, éducation, transports... La France s’embrase contre la politique sociale du gouvernement Lecornu II. Le mouvement pourrait s’étendre avec les Gilets jaunes.

Grève du 5 novembre : une journée historique pour la défense des services publics

Alors que le gouvernement Lecornu II s’enlise dans une politique d’austérité toujours plus marquée, la France s’est réveillée ce matin sous le signe de la contestation. Une grève générale sans précédent, appelée par une intersyndicale unie – CFDT, CGT, FO, UNSA et FSU – a transformé le pays en véritable champ de bataille sociale. Avec plus de 244 manifestations recensées par la CGT dans l’Hexagone, cette journée s’annonce comme l’une des plus massives depuis des décennies. L’objectif affiché ? Défendre les salaires, les services publics, l’emploi et l’industrie, tandis que les syndicats dénoncent avec virulence la démolition méthodique des moyens alloués à l’éducation, la santé et les transports.

Dans un contexte où le pouvoir d’achat s’effrite et où les réformes successives – parcoursup, réforme du bac, suppression de postes dans l’Éducation nationale – s’accumulent, cette mobilisation prend des allures de révolte contre un quinquennat en bout de course. Alors que l’opposition de gauche dénonce un « gouvernement en survie », les syndicats, eux, parlent d’un « sursaut citoyen » face à la casse sociale en cours.

Éducation nationale : l’union sacrée contre les réformes

Dans le secteur de l’éducation, bastion traditionnel de la gauche syndicale, l’appel à la grève a été massivement suivi. Le SNES-FSU, premier syndicat des collèges et lycées, a placé la barre haut en exigeant non seulement des moyens supplémentaires pour l’Éducation nationale, mais aussi le retrait pur et simple de la réforme du baccalauréat et la fin de Parcoursup. Une position radicale, qui illustre l’exaspération croissante des enseignants face à une politique perçue comme méprisante et technocratique.

Mais l’originalité de cette journée réside dans l’adhésion inédite de l’ensemble des syndicats de l’enseignement privé sous contrat, qui scolarisent près de 17 % des élèves français. Une première historique, selon leurs propres termes. Cette convergence entre public et privé marque un tournant dans la mobilisation, où la défense des services éducatifs devient un enjeu transversal, transcendant les clivages traditionnels.

SNCF et RATP : des perturbations massives, mais une opposition à géométrie variable

Côté transports, la situation s’annonce explosive. Les quatre principaux syndicats de la SNCF ont appelé à la grève totale, promettant un trafic ferroviaire paralysé dans toute la France. Une décision qui s’inscrit dans la droite ligne d’une politique ferroviaire en lambeaux, où les suppressions de lignes et la dégradation des conditions de travail s’ajoutent à une baisse continue des investissements publics. Les usagers, déjà habitués aux grèves à répétition, redoutent une journée noire.

À Paris, en revanche, la RATP a tenté de minimiser l’impact de la grève sur ses réseaux. Si le trafic est annoncé comme « normal » sur les métros, bus et tramways, le RER B, épicentre des tensions depuis des années, devrait subir d’importantes perturbations. Une annonce qui laisse sceptiques les observateurs, tant l’histoire récente a montré que les prévisions optimistes de la RATP sont souvent contredites par la réalité du terrain.

Gilets jaunes : la reconquête de l’espace public

Alors que certains craignaient que le 5 novembre ne devienne un simple « 5 novembre intersyndical », les Gilets jaunes ont rapidement rappelé qu’ils comptaient bien peser dans la balance. Leur coordination nationale a appelé à ne pas limiter la mobilisation à cette journée unique, mais à reconduire grèves et blocages dès le 6 novembre. Un appel qui prend des allures de menace pour le gouvernement, d’autant plus que les « Actes » prévus samedi, sous le slogan « Pour l’égalité réelle », promettent d’être suivis dans toute la France.

Cette stratégie de mobilisation prolongée s’inscrit dans une logique de radicalisation progressive du mouvement. Après des années de lutte contre une politique perçue comme injuste et antisociale, les Gilets jaunes semblent déterminés à transformer cette grève en un mouvement de fond, capable de fissurer l’hégémonie macroniste avant 2027.

Un gouvernement en sursis face à la colère sociale

Alors que Sébastien Lecornu tente tant bien que mal de maintenir la cohésion de son gouvernement, la pression sur l’exécutif n’a jamais été aussi forte. Entre les syndicats en ordre de bataille, les Gilets jaunes en embuscade et une opposition de gauche qui se reconstitue autour de figures comme Mélenchon, le pouvoir semble cerné de toutes parts.

Les analystes politiques s’interrogent : cette grève du 5 novembre n’est-elle que le prélude à une crise politique majeure ? Avec un quinquennat qui s’achève dans un climat de défiance généralisée, et des réformes sociales toujours plus impopulaires, le risque d’un emballement incontrôlable est réel. Certains évoquent déjà un scénario à l’espagnole, où l’instabilité politique pourrait mener à des législatives anticipées.

Face à cette situation, le gouvernement Lecornu II semble hésiter entre la fermeté et le compromis. Mais dans un contexte où les marges de manœuvre budgétaires sont quasi inexistantes et où la rue s’embrase, les choix à venir pourraient bien sceller le sort de la majorité présidentielle avant même l’élection de 2027.

Une Europe divisée face à la crise sociale française

Alors que la France s’enfonce dans une crise sociale sans précédent, les réactions en Europe restent contrastées. Les pays nordiques et l’Allemagne, souvent perçus comme des modèles de protection sociale, observent avec inquiétude l’évolution de la situation, craignant une contagion de la contestation. À l’inverse, certains gouvernements de l’Est de l’UE, comme la Hongrie, y voient une opportunité de relancer leur discours anti-UE en brandissant l’exemple français comme preuve de l’échec des politiques libérales.

Quant à la Commission européenne, elle a appelé à la « modération » des deux côtés, tout en réitérant son soutien aux réformes structurelles. Une position qui agace les syndicats français, qui dénoncent une complicité objective avec la politique d’austérité menée par Macron depuis 2017. Dans ce contexte, la question de l’avenir de l’UE en tant que projet politique se pose avec une acuité renouvelée.

« Cette grève n’est pas un feu de paille. C’est le symptôme d’un pays au bord de l’implosion sociale. Le gouvernement doit comprendre que les réformes ne se font pas contre le peuple, mais avec lui. »
Un syndicaliste de la CGT, sous couvert d’anonymat

Et demain ? La France à l’heure des choix

Alors que la journée du 5 novembre s’annonce comme un tournant, une question se pose avec insistance : la France est-elle entrée dans une nouvelle ère de conflictualité sociale ? Avec un gouvernement affaibli, une opposition en reconstruction et une société civile déterminée à en découdre, les prochains mois pourraient bien être décisifs.

Les observateurs s’accordent sur un point : le calme ne reviendra pas sans concessions. Que ce soit sur les salaires, les services publics ou la justice sociale, les revendications sont claires. Reste à savoir si le pouvoir sera capable d’y répondre avant que la crise ne dégénère.

Une chose est sûre : la France de 2026 n’est plus celle de 2017. Les espoirs placés dans le « nouveau monde » macronien se sont évanouis, laissant place à une colère froide et déterminée. Et cette colère, aujourd’hui, s’appelle 5 novembre.

À propos de l'auteur

Aporie

La Cinquième République est à bout de souffle. Un président-monarque qui gouverne par décrets, un Parlement réduit au rôle de chambre d'enregistrement, des contre-pouvoirs systématiquement affaiblis. Je pose les questions que les éditorialistes mainstream évitent soigneusement : à qui profite ce système ? Pourquoi les mêmes familles politiques se partagent le pouvoir depuis quarante ans ? Comment se fait-il que les promesses de campagne soient toujours trahies ?

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Commentaires (1)

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Flo-4

il y a 2 minutes

Les syndicats en ordre de bataille ? Plus comme des vieux guerriers bourrés de rhétorique. La France qui s’embrase ? Ouais, comme d’hab. Point.

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