Guerre en Ukraine : Hubert Védrine dénonce l'échec de l'Occident face à Poutine

Par SilverLining 18/02/2026 à 10:14
Guerre en Ukraine : Hubert Védrine dénonce l'échec de l'Occident face à Poutine

Hubert Védrine dénonce l'échec de l'Occident face à Poutine et appelle à une stratégie plus équilibrée pour mettre fin à la guerre en Ukraine.

Un conflit qui révèle les failles de l'Occident

Alors que les négociations entre Moscou, Washington et Kiev s'intensifient, l'ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine livre une analyse sans concession sur la guerre en Ukraine. Invité sur France 2, il pointe du doigt les limites de la stratégie occidentale face à la Russie.

Un Occident divisé et affaibli

Hubert Védrine, co-auteur de Après l'Occident ?, souligne que l'Occident traverse une crise identitaire profonde. « On arrive à plusieurs hypothèses : soit l'ensemble de l'Occident est 'trumpisé', soit les Européens reprennent le flambeau, soit les deux destins se séparent de plus en plus », explique-t-il.

Pour lui, la troisième option, une distanciation progressive entre l'Europe et les États-Unis, est la plus probable. « L'Occident n'arrive plus à imposer ses valeurs », regrette-t-il, évoquant un décalage croissant entre les discours et les réalités géopolitiques.

La Russie, un adversaire sous-estimé

Concernant la guerre en Ukraine, Védrine estime qu'un arrêt des combats est envisageable, mais pas sans concessions. « Poutine n'a pas bougé, et il faudrait sans doute plus de menaces et une carotte, pas que le bâton », déclare-t-il, critiquant l'absence de stratégie économique pour détacher la Russie de la Chine.

Il rappelle que les positions russes sur le Donbass remontent bien avant Poutine, et que Zelensky pourrait accepter un compromis, à condition d'obtenir des garanties solides des Européens et des Américains.

Le rôle crucial de l'Europe

Védrine insiste sur le rôle non militaire que l'Europe doit jouer dans la reconstruction de l'Ukraine. « Les Européens ont un rôle à jouer pour aider l'Ukraine après l'arrêt des combats, pas la mettre dans l'Union Européenne tout de suite », précise-t-il, évoquant un accompagnement dans la déminage et la reconstruction.

Il critique par ailleurs la politique de la France envers l'Algérie, qualifiant la situation de « mésentente plus profonde », liée à des choix de politique intérieure algérienne.

Une analyse qui interroge la crédibilité de l'Occident

Alors que la guerre en Ukraine entre dans sa quatrième année, les propos d'Hubert Védrine soulèvent des questions sur la capacité de l'Occident à défendre ses valeurs. Entre divisions internes et rivalités géopolitiques, l'avenir de l'Ukraine et celui de l'Europe restent incertains.

À propos de l'auteur

SilverLining

On me demande souvent comment je garde espoir face au désastre politique actuel. Ma réponse est simple : je vois ce qui se passe sur le terrain. Des citoyens qui s'organisent, des collectifs qui naissent, des alternatives qui émergent. La politique ne se résume pas aux jeux de pouvoir parisiens. Partout en France, des gens refusent la résignation et inventent autre chose. C'est cette France-là que je documente, celle qui ne fait jamais les gros titres mais qui prépare le monde d'après.

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Commentaires (10)

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evercurious47

il y a 2 jours

Nooooon mais sérieux ??? On va encore se faire avoir comme des bleus ??? Ptdr...

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Elizondo

il y a 2 jours

Comparaison intéressante avec la stratégie américaine en Afghanistan : même erreur de calcul. On sous-estime toujours l'adversaire jusqu'à ce qu'il soit trop tard. Et après, on fait des discours sur l'équilibre...

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B

Buse Variable

il y a 2 jours

L'Occident a perdu. Fin de l'histoire.

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P

Postulat

il y a 2 jours

Bof, encore un ancien ministre qui fait son mea culpa après coup. Comme d'hab, on va se réveiller quand il sera trop tard.

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Z

Zénith

il y a 2 jours

L'Occident a perdu dès qu'il a cru que Poutine bluffait.

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C

Chimère

il y a 2 jours

@zenith Exact, mais c'est facile de dire ça après. Moi je dis : soit on soutient l'Ukraine jusqu'au bout, soit on assume qu'on les a abandonnés. Pas de demi-mesure.

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A

Anne-Sophie Rodez

il y a 2 jours

Védrine a un point sur la stratégie occidentale, mais il oublie que Poutine ne négocie que sous la contrainte. L'histoire montre que les dictateurs ne reculent que quand ils ont mal. Preuves ? La Syrie, la Géorgie...

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L

La Clusaz

il y a 2 jours

Mouais... Védrine fait son numéro de vieux sage mais bon, à part nous rappeler qu'on a merdé, il propose quoi exactement ? Des mots en l'air comme d'hab.

2
G

ghi

il y a 2 jours

Védrine a raison sur un point : l'Occident a sous-estimé Poutine. Mais sa stratégie 'équilibrée' ressemble à de la soumission déguisée. Comme en 2008, on a cru pouvoir négocier avec un dictateur qui ne connaît que la force. Les chiffres des pertes ukrainiennes le prouvent : cette guerre n'est pas près de finir.

2
R

Reminiscence

il y a 2 jours

@ghi 'Équilibré' = lâcher l'Ukraine. Point.

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