Un conflit qui révèle les failles de l'Occident
Alors que les négociations entre Moscou, Washington et Kiev s'intensifient, l'ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine livre une analyse sans concession sur la guerre en Ukraine. Invité sur France 2, il pointe du doigt les limites de la stratégie occidentale face à la Russie.
Un Occident divisé et affaibli
Hubert Védrine, co-auteur de Après l'Occident ?, souligne que l'Occident traverse une crise identitaire profonde. « On arrive à plusieurs hypothèses : soit l'ensemble de l'Occident est 'trumpisé', soit les Européens reprennent le flambeau, soit les deux destins se séparent de plus en plus », explique-t-il.
Pour lui, la troisième option, une distanciation progressive entre l'Europe et les États-Unis, est la plus probable. « L'Occident n'arrive plus à imposer ses valeurs », regrette-t-il, évoquant un décalage croissant entre les discours et les réalités géopolitiques.
La Russie, un adversaire sous-estimé
Concernant la guerre en Ukraine, Védrine estime qu'un arrêt des combats est envisageable, mais pas sans concessions. « Poutine n'a pas bougé, et il faudrait sans doute plus de menaces et une carotte, pas que le bâton », déclare-t-il, critiquant l'absence de stratégie économique pour détacher la Russie de la Chine.
Il rappelle que les positions russes sur le Donbass remontent bien avant Poutine, et que Zelensky pourrait accepter un compromis, à condition d'obtenir des garanties solides des Européens et des Américains.
Le rôle crucial de l'Europe
Védrine insiste sur le rôle non militaire que l'Europe doit jouer dans la reconstruction de l'Ukraine. « Les Européens ont un rôle à jouer pour aider l'Ukraine après l'arrêt des combats, pas la mettre dans l'Union Européenne tout de suite », précise-t-il, évoquant un accompagnement dans la déminage et la reconstruction.
Il critique par ailleurs la politique de la France envers l'Algérie, qualifiant la situation de « mésentente plus profonde », liée à des choix de politique intérieure algérienne.
Une analyse qui interroge la crédibilité de l'Occident
Alors que la guerre en Ukraine entre dans sa quatrième année, les propos d'Hubert Védrine soulèvent des questions sur la capacité de l'Occident à défendre ses valeurs. Entre divisions internes et rivalités géopolitiques, l'avenir de l'Ukraine et celui de l'Europe restent incertains.