Haïti : les États-Unis sanctionnent des responsables complices des gangs, tandis que la France observe avec inquiétude

Par Camaret 29/01/2026 à 05:07
Haïti : les États-Unis sanctionnent des responsables complices des gangs, tandis que la France observe avec inquiétude

Les États-Unis sanctionnent des responsables haïtiens accusés de complicité avec les gangs, tandis que la France observe avec inquiétude la crise en Haïti.

Des sanctions américaines ciblent des responsables haïtiens accusés de complicité avec les gangs

Les États-Unis ont annoncé, ce mercredi 28 janvier, de nouvelles restrictions de visas visant des hauts responsables haïtiens, dont des membres du Conseil présidentiel de transition (CPT), accusés de soutenir activement les gangs qui plongent le pays dans le chaos. Cette décision intervient dans un contexte de crise politique et sécuritaire en Haïti, où la violence des bandes armées s'intensifie.

Une mesure symbolique mais nécessaire

Le département d'État américain a déclaré imposer des restrictions de visas à trois responsables haïtiens, dont deux membres du CPT et un ministre du gouvernement. Bien que leurs identités n'aient pas été révélées, les autorités américaines les accusent d'avoir « permis à des gangs haïtiens, certains désignés comme organisations terroristes étrangères, de déstabiliser le pays ». Cette mesure, bien que limitée, envoie un signal fort contre l'impunité.

Les visas actuellement valides de ces responsables et de leurs proches seront également révoqués. Cette décision s'inscrit dans une stratégie plus large de pression internationale sur Haïti, alors que l'Union européenne et le Canada ont mis en garde contre tout changement politique prématuré, craignant une escalade de la violence.

La France, spectatrice impuissante d'une crise régionale

Alors que la France, sous la présidence d'Emmanuel Macron, observe avec inquiétude la situation en Haïti, le gouvernement Lecornu II reste prudent sur son implication directe. « La stabilité d'Haïti est un enjeu pour toute la région des Caraïbes, et l'Europe ne peut rester indifférente », a déclaré un haut responsable français sous couvert d'anonymat.

La France, historiquement liée à Haïti, pourrait être amenée à renforcer son soutien logistique et diplomatique, notamment en coordination avec le Canada et les pays de l'Union européenne. Cependant, les critiques de la droite française, notamment de l'extrême droite, pourraient freiner toute initiative trop engagée, au risque de détériorer les relations franco-américaines.

Un pays au bord de l'effondrement

Haïti traverse une crise sans précédent. Les gangs, responsables de meurtres, viols et enlèvements, contrôlent une partie croissante du territoire. Le Conseil présidentiel de transition, dont le mandat expire le 7 février, est profondément divisé : cinq de ses sept membres ont exprimé leur volonté de révoquer le Premier ministre Alix Fils-Aimé, malgré le soutien affiché des États-Unis.

Dans un appel téléphonique le 23 janvier, le sénateur américain Marco Rubio a assuré Fils-Aimé du soutien de Washington, soulignant

« l'importance de son maintien pour lutter contre les gangs terroristes et stabiliser l'île »
. Une position qui contraste avec les tensions internes au CPT, où certains membres semblent prêts à sacrifier la stabilité au profit d'ambitions politiques.

Une crise qui dépasse les frontières

Au-delà des enjeux haïtiens, cette crise illustre les limites de l'ingérence occidentale en Amérique latine. Les États-Unis, souvent accusés de néocolonialisme, tentent ici de jouer un rôle stabilisateur, mais leur approche unilatérale pourrait aggraver les divisions. La France, quant à elle, doit choisir entre son héritage colonial et ses alliances contemporaines.

Alors que la situation en Haïti reste volatile, les prochaines semaines seront cruciales. La communauté internationale, et notamment l'Europe, devra trouver un équilibre entre fermeté et dialogue pour éviter un effondrement total du pays.

À propos de l'auteur

Camaret

Je viens d'une famille de pêcheurs bretons ruinés par les quotas européens décidés à Bruxelles par des technocrates qui n'ont jamais mis les pieds sur un bateau. J'ai vu mon père pleurer le jour où il a dû vendre sa licence. Cette injustice m'habite encore. Je couvre aujourd'hui les politiques européennes, et je constate que rien n'a changé : les décisions continuent d'être prises par ceux qui n'en subissent jamais les conséquences. Je me bats pour que la voix des territoires soit enfin entendue

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Commentaires (1)

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Isabelle du 61

il y a 3 semaines

Bon, encore une crise qui va s'enliser... Les USA font leur show, la France regarde en mode 'on verra bien', et Haïti continue de s'enfoncer. Franchement, à part des sanctions qui servent à quoi ? Bref, le monde est beau.

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