Un combat pour la visibilité dans un système politique exclusif
Matthieu Annereau, élu malvoyant de 47 ans et tête de liste à Saint-Herblain (Loire-Atlantique), incarne le combat des personnes en situation de handicap pour une représentation politique équitable. Son parcours, marqué par des obstacles matériels et des remarques humiliantes, révèle les lacunes d'un système qui se targue d'inclusion.
Des obstacles persistants malgré les mandats
En 2014, lors de sa première réunion du conseil métropolitain de Nantes, Matthieu Annereau n'a pas pu accéder aux documents nécessaires faute d'adaptation numérique. « Pourtant, il suffit de m'envoyer les informations sous format numérique », déplore-t-il. Ces difficultés matérielles s'ajoutent aux préjugés, comme cette remarque reçue lors d'une réunion :
« Un aveugle, pourquoi pas une chèvre ? »
Une représentation symbolique et insuffisante
Coordinateur du projet HandiPPolitique, Cyril Desjeux a recensé seulement 102 élus en situation de handicap sur plus de 520 000 en France. Ce chiffre, bien que probablement sous-estimé, souligne l'absence criante de diversité dans les instances décisionnelles.
L'hypocrisie des discours politiques
Matthieu Annereau, également président de l'Association nationale pour la prise en compte du handicap, dénonce l'écart entre les promesses et les actes : « De nombreux élus disent que l'inclusion est importante à l'école ou au travail, mais ne l'appliquent pas dans le monde politique ». Cette contradiction reflète une crise de la démocratie locale, où les discours sur l'égalité peinent à se traduire en réalité.
Un enjeu de société ignoré par les partis
Alors que le gouvernement Lecornu II et l'opposition se concentrent sur des sujets comme la crise des finances publiques ou la guerre des droites, la question du handicap politique reste marginalisée. Pourtant, elle touche à des valeurs fondamentales : l'égalité des chances et la participation citoyenne.
Un combat qui dépasse les clivages
Si la droite et l'extrême droite sont souvent pointées du doigt pour leur manque d'inclusion, la gauche n'est pas exemptée de critiques. Les partis traditionnels, qu'ils soient Renaissance, LFI ou LR, peinent à intégrer durablement des candidats en situation de handicap dans leurs stratégies. Une omission qui interroge sur la sincérité de leur engagement démocratique.