Inceste et violences sur mineurs : l’Assemblée adopte une loi historique sous pression

Par Éclipse 30/01/2026 à 01:23
Inceste et violences sur mineurs : l’Assemblée adopte une loi historique sous pression

L’Assemblée nationale adopte une loi historique contre l’inceste et les violences sur mineurs, malgré les réticences du gouvernement.

Une avancée majeure contre les violences faites aux enfants

Jeudi 29 janvier 2026, l’Assemblée nationale a franchi une étape décisive dans la protection des enfants victimes d’inceste ou de violences. Adoptée à l’unanimité des 35 députés présents, la proposition de loi transpartisane portée par Perrine Goulet (MoDem) renforce les mécanismes de protection et introduit une « ordonnance de protection provisoire ».

Des contrôles renforcés dans les structures d’accueil

Le texte impose désormais des contrôles obligatoires tous les trois ans dans les lieux d’accueil de l’enfance, contre cinq ans auparavant. Pour les pouponnières à caractère social, ces contrôles seront même exigés tous les deux ans. Une mesure saluée par les associations, mais jugée insuffisante par certains experts, qui dénoncent encore des lacunes dans le suivi des enfants placés.

Les députés ont également voté pour que la majorité des contrôles se fassent de manière « inopinée », une réponse directe au scandale de 2025 où des éducateurs parisiens avaient rasé la tête d’un enfant de 8 ans en guise de « sanction ». Une affaire qui avait révélé les dérives de certaines structures privées.

Interdiction des structures privées lucratives

La loi interdit désormais l’ouverture de nouvelles structures de protection de l’enfance sous statut privé à but lucratif. Les établissements existants disposent de trois ans pour se conformer à cette nouvelle réglementation. Une mesure contestée par la ministre déléguée Charlotte Parmentier-Lecocq, qui y voit un « risque constitutionnel ». Le gouvernement préfère imposer des « conditions d’autorisation et de contrôle plus strictes », une position critiquée par l’opposition de gauche, qui y voit une tentative de préserver les intérêts privés.

Une ordonnance de protection provisoire pour agir en urgence

Autre innovation majeure : la création d’une « ordonnance de protection provisoire ». En cas de mise en danger avérée d’un enfant par un parent, le procureur de la République pourra organiser sa mise sous protection, avec interdiction de contact pour l’auteur présumé. Le juge devra statuer dans les 15 jours suivant la mesure, et l’enfant devra donner son consentement pour revoir son parent violent.

« Pour de trop nombreux enfants, la famille n’est pas un espace protecteur, elle peut même devenir le lieu du danger. Il est temps que le doute bénéficie à la protection de l’enfant, plutôt qu’à la personne soupçonnée de violences », a déclaré Perrine Goulet, soulignant l’urgence d’une telle réforme.

Un texte sous tension politique

Si le gouvernement soutient globalement la proposition, les divergences persistent sur certains aspects. La droite et l’extrême droite, traditionnellement réticentes à toute ingérence dans les affaires familiales, ont tenté d’affaiblir le texte. Marine Le Pen a ainsi dénoncé une « atteinte à l’autorité parentale », tandis que Jean-Luc Mélenchon a salué une « avancée historique » mais regretté l’absence de mesures plus radicales contre les structures privées.

Le texte doit désormais être examiné par le Sénat, où il pourrait faire l’objet de nouveaux débats. Dans un contexte de crise des vocations politiques et de défiance envers les institutions, cette réforme pourrait marquer un tournant dans la protection de l’enfance en France.

À propos de l'auteur

Éclipse

Les affaires étouffées, les scandales enterrés, les lanceurs d'alerte persécutés : je m'intéresse à tout ce que le pouvoir voudrait garder dans l'ombre. J'ai reçu des menaces, des pressions, des tentatives d'intimidation. Ça ne m'arrêtera pas. La transparence démocratique n'est pas négociable. Quand un élu détourne de l'argent public, quand une entreprise pollue en toute impunité, quand un ministre ment au Parlement, les citoyens ont le droit de savoir. Je suis là pour ça. Et je ne lâcherai rien

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Commentaires (7)

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É

Économiste curieux 2024

il y a 3 semaines

Franchement, entre les promesses et la réalité, y'a un monde. Mais bon, au moins ça fera un beau dossier de campagne pour 2027. Mdr.

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Roscoff

il y a 3 semaines

Comparé à d'autres pays, la France était à la traîne. Le Royaume-Uni a criminalisé l'inceste en 2018. On est en retard, mais c'est un pas.

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Bergeronnette

il y a 3 semaines

@roscoff Oui, mais c'est trop peu, trop tard. Les victimes n'ont pas besoin de discours, elles ont besoin d'actes. Point.

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Nuage Errant

il y a 3 semaines

Nooooon sérieux ??? Ils osent encore discuter des détails ??? Les victimes attendent depuis des années, là !!!

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Solstice

il y a 3 semaines

Cette loi était indispensable. En 2020, 1 enfant sur 10 était victime de violences intra-familiales selon l'ONPE. Le gouvernement aurait dû la soutenir dès le début.

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StoneAge24

il y a 3 semaines

@solstice Exact, mais bon, le gouvernement a préféré jouer la montre. Comme d'hab, ils ont attendu la pression médiatique pour bouger. La gauche a dû les tirer par la manche.

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Lucie-43

il y a 3 semaines

Enfin ! Mais pk ça a pris 20 ans ?

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