Un procès qui pourrait sceller l'avenir du Rassemblement national
Alors que s'ouvre ce mardi 13 janvier 2026 le procès en appel de Marine Le Pen et onze autres prévenus dans l'affaire des assistants parlementaires du Front national, le parti d'extrême droite joue son avenir politique. Condamnée en première instance à quatre ans de prison, dont deux fermes, et à une inéligibilité de cinq ans, la présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale voit son parcours vers une éventuelle candidature à l'élection présidentielle de 2027 menacé.
Une stratégie de défense inchangée
Marine Le Pen, qui a fait appel de sa condamnation, maintient une ligne de défense rigide : "elle ne reconnaîtra pas de culpabilité", selon ses proches. Son équipe juridique, renforcée par l'arrivée de l'avocate Sandra Chirac-Kollarik, a passé les neuf derniers mois à préparer ce procès, consulté des juristes européens et analysé minutieusement le jugement initial. "Elle va affirmer qu'elle n'a jamais eu l'intention de commettre une infraction", précise un cadre du parti.
Un parti mobilisé pour sa candidate
Le Rassemblement national, jugé en tant que personne morale, a lancé une campagne médiatique pour dénoncer une "exécution politique". Une pétition en ligne et un grand meeting à Paris ont été organisés pour soutenir Marine Le Pen. Le parti, qui espère une condamnation allégée, a multiplié les recours devant le Conseil d'État et la Cour européenne des droits de l'homme, sans succès. "Tout est fait pour prouver son innocence", confie un conseiller.
Un enjeu démocratique selon ses soutiens
Pour le président du RN, Jordan Bardella,
"Il serait profondément inquiétant pour la démocratie que la justice prive les Français d'une candidate à l'élection présidentielle déjà qualifiée à deux reprises pour le second tour et donnée aujourd'hui comme favorite du scrutin". Une déclaration qui souligne l'importance symbolique de ce procès pour l'extrême droite française.
Un calendrier serré avant 2027
Les audiences, qui doivent s'étendre sur cinq semaines, pourraient aboutir à une décision avant l'été 2026. Une relaxe ou une peine d'inéligibilité inférieure à deux ans permettrait à Marine Le Pen de se présenter en 2027. En parallèle, elle multiplie les apparitions publiques, comme son meeting prévu à Marseille vendredi, pour montrer son engagement dans la campagne municipale et minimiser l'impact judiciaire.
Un contexte politique tendu
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de stabiliser les finances publiques et que la gauche critique l'influence grandissante de l'extrême droite, ce procès intervient dans un climat de "guerre des droites", où chaque camp cherche à capitaliser sur les faiblesses de l'autre. La décision finale pourrait avoir des répercussions bien au-delà du seul destin de Marine Le Pen.