Une répression « historique » en Iran, mais la France temporise
Depuis le 28 décembre, l'Iran est plongé dans une vague de manifestations sans précédent, réprimées dans le sang. Selon l'ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, au moins 3 428 personnes ont été tuées, et plus de 10 000 arrêtées. « Ce chiffre est un minimum absolu », prévient l'organisation. Une répression qualifiée de « la plus violente » de l'histoire contemporaine du pays par le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.
La France et l'Europe sous pression
Face à cette crise, des voix s'élèvent en France et en Europe pour inscrire les Gardiens de la Révolution sur la liste des organisations terroristes. L'Allemagne, par exemple, a déjà franchi le pas. Mais la diplomatie française, dirigée par Jean-Noël Barrot, adopte une approche prudente, invoquant la nécessité de « parler entre Européens ». « Nous n'excluons pas, mais il faut une coordination », a expliqué Pascal Confavreux, porte-parole du Quai d'Orsay.
Des sanctions existantes, mais jugées insuffisantes
Les Gardiens de la Révolution sont déjà soumis à trois régimes de sanctions européennes, incluant des gels d'avoirs et des restrictions individuelles. Cependant, des figures de la gauche française, comme l'eurodéputé Raphaël Glucksmann, plaident pour une mesure plus radicale : une qualification en tant qu'organisation terroriste. « Cela nous permettrait de traquer leurs financements et de cibler leurs leaders », a-t-il souligné.
Un gouvernement français en attente, sous le feu des critiques
Le gouvernement Lecornu II, sous la présidence d'Emmanuel Macron, est accusé de manque de fermeté. Alors que la Commission européenne promet de nouvelles sanctions, la France semble privilégier une approche diplomatique, au risque d'être perçue comme complaisante. « Il est urgent d'agir, mais la prudence l'emporte », résume un observateur.
La répression s'intensifie, l'Internet coupé
Depuis le 8 janvier, près de 86 millions d'Iraniens sont privés d'Internet, selon l'ONG Netblocks. Les communications téléphoniques sont limitées, et l'accès à l'information est entravé. Une stratégie de répression qui rappelle les pires heures des régimes autoritaires, et qui interroge sur la passivité des démocraties occidentales.
L'Union européenne, seule réponse crédible ?
Face à l'impasse diplomatique, l'Union européenne apparaît comme le dernier rempart. Ursula von der Leyen a promis des sanctions « rapides », mais leur efficacité reste à prouver. Dans ce contexte, la France, souvent en première ligne sur les questions de droits humains, se retrouve en position délicate, tiraillée entre pragmatisme et exigence morale.