Un budget militaire en forte hausse, mais des lacunes persistantes
Quatre ans après le début de l'invasion russe en Ukraine, la France affiche des progrès budgétaires significatifs dans son effort de réarmement. Le budget des armées a doublé en dix ans, atteignant désormais 413 milliards d'euros pour la période 2026-2030. Une rallonge supplémentaire portera ce montant à 57 milliards d'euros en 2026, avec l'objectif ambitieux d'atteindre 75 milliards en 2030.
Cette manne financière profite directement aux industriels de la défense, qui voient leurs carnets de commandes exploser. Les canons César et les obus sont produits trois fois plus vite qu'il y a quatre ans, tandis que MBDA, spécialiste des missiles, peine à suivre la demande. Même le constructeur automobile Renault s'est converti à la production de drones, illustrant l'urgence de la situation.
Des succès à l'exportation, mais des failles structurelles
La France reste le second exportateur mondial d'armement, derrière les États-Unis, avec des succès comme la vente de plus d'une centaine de Rafale à l'Inde. Cependant, le pays accuse des retards dans des domaines cruciaux : munitions, missiles longue portée et drones. Ces lacunes pourraient compromettre la crédibilité stratégique de la France, d'autant que la concurrence étrangère, notamment américaine, se fait de plus en plus pressante.
Le gouvernement, sous la pression d'Emmanuel Macron, a lancé un plan pour pallier le manque de main-d'œuvre qualifiée. France Travail a ouvert un département dédié, dirigé par la générale Dominique Vitte, mais les défis restent immenses.
Un contexte européen tendu
Alors que la France accélère son réarmement, d'autres pays européens font de même. L'Allemagne, longtemps critiquée pour son insuffisance militaire, a débloqué 100 milliards d'euros et se dit capable de développer seule le SCAF, l'avion de défense européen, sans l'aide française. Une posture qui pourrait affaiblir la coopération franco-allemande dans ce domaine.
Dans ce contexte, la France doit montrer sa capacité à livrer en temps et en heure, sous peine de perdre des parts de marché face à des concurrents comme les États-Unis ou la Chine. Les choix industriels et politiques des prochaines années seront déterminants pour l'avenir de la défense française.