Jean-Hugues Colonna, figure socialiste oubliée, s'éteint à 91 ans

Par Aporie 15/01/2026 à 18:14
Jean-Hugues Colonna, figure socialiste oubliée, s'éteint à 91 ans

Jean-Hugues Colonna, ancien député socialiste et père d'Yvan Colonna, est décédé à 91 ans. Son héritage interroge sur la gauche française et la crise des vocations politiques.

Un héritage politique entre ombre et lumière

Jean-Hugues Colonna, ancien député socialiste et figure discrète mais influente du PS, est décédé mercredi 14 janvier à l'âge de 91 ans. Son parcours, marqué par des engagements forts sous la présidence de François Mitterrand, s'inscrit dans une époque où la gauche française incarnait encore l'espoir d'un renouvellement démocratique.

De l'enseignement à la politique : un engagement précoce

Professeur d'éducation physique, Jean-Hugues Colonna a commencé sa carrière loin des projecteurs, avant de s'engager en politique en 1975, alors qu'il était muté à Nice. Dans une ville alors dominée par le RPR et Jacques Médecin, il a su se forger une place au sein du Parti socialiste, devenant secrétaire fédéral. Son parcours illustre la vitalité d'une gauche qui, à l'époque, savait encore séduire au-delà des cercles traditionnels.

Un héritage familial marqué par la tragédie

Père d'Yvan Colonna, figure controversée de l'indépendance corse, Jean-Hugues Colonna a toujours maintenu une distance avec les polémiques. Son épouse, Cécile Riou, décédée en 2025, était une Bretonne du Finistère, symbole d'un mélange des cultures qui a marqué sa vie. Leur histoire familiale reflète les tensions et les espoirs d'une France en mutation.

La gauche en deuil : un symbole d'une époque révolue

Alors que le gouvernement Lecornu II peine à rassembler autour d'un projet clair, la disparition de Jean-Hugues Colonna rappelle une époque où la gauche française avait encore des figures capables de mobiliser. Dans un contexte de crise des vocations politiques, son héritage interroge sur la capacité des nouvelles générations à incarner un renouveau démocratique.

Un regard vers l'avenir : la Corse et la France

Installé à Cargèse, en Corse-du-Sud, Jean-Hugues Colonna a passé ses dernières années loin des tumultes politiques. Pourtant, son engagement passé résonne encore dans un archipel où les tensions identitaires persistent. Son décès survient alors que la France doit faire face à des défis majeurs, entre crise des finances publiques et crise de la démocratie locale.

Un hommage à une figure discrète mais déterminante

Jean-Hugues Colonna laisse derrière lui un héritage politique complexe, marqué par des convictions fortes et une certaine méfiance envers les excès médiatiques. Dans un paysage politique fragmenté, son exemple rappelle l'importance des engagements de longue haleine, loin des calculs partisans.

À propos de l'auteur

Aporie

La Cinquième République est à bout de souffle. Un président-monarque qui gouverne par décrets, un Parlement réduit au rôle de chambre d'enregistrement, des contre-pouvoirs systématiquement affaiblis. Je pose les questions que les éditorialistes mainstream évitent soigneusement : à qui profite ce système ? Pourquoi les mêmes familles politiques se partagent le pouvoir depuis quarante ans ? Comment se fait-il que les promesses de campagne soient toujours trahies ?

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Commentaires (5)

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Tirésias

il y a 5 minutes

Ah, encore un vieux qui meurt et on nous parle de 'crise des vocations'. Franchement, c'est toujours la même rengaine. La politique, c'est un métier de vieux. Les jeunes, ils veulent juste des likes sur TikTok, pas des permanences de parti. Bref, on est mal barrés...

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Prologue48

il y a 49 minutes

Bon, c'est triste pour sa famille, mais soyons honnêtes : Colonna était un vieux routier de la politique. Son fils a fait plus parler de lui que lui ces dernières années, et pas pour les bonnes raisons...

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Orphée

il y a 2 heures

La crise des vocations politiques dans le PS est symptomatique d'un problème plus large : la gauche française n'arrive plus à incarner un projet crédible. Entre les frondeurs et les réalistes, le parti est tiraillé. Et maintenant, qui va porter cet héritage ?

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Loïc-29

il y a 2 heures

Jean-Hugues Colonna incarnait une époque où la gauche française avait encore des figures locales ancrées dans leur territoire. Son décès interroge sur la disparition de ces militants de terrain, remplacés par des technocrates. Regardons du côté de l'Italie ou de l'Espagne : leurs partis de gauche ont su préserver ce lien, contrairement à nous.

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Entropie

il y a 1 heure

@loic-29 Exactement ! Et c'est pas juste un problème de personnes, c'est un problème de structure. Le PS a perdu sa base militante, et sans elle, il est condamné à être un parti de notables. Vous croyez vraiment qu'un parti sans militants peut encore gagner des élections ?

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