Kozo Okamoto, terroriste historique, meurt à Beyrouth : l'ombre d'un passé qui resurgit en France

Par SilverLining 23/07/2026 à 18:30
Kozo Okamoto, terroriste historique, meurt à Beyrouth : l'ombre d'un passé qui resurgit en France

La disparition de Kozo Okamoto, auteur de l'attentat meurtrier de l'aéroport de Tel-Aviv en 1972, relance le débat sur la glorification du terrorisme. Rima Hassan, eurodéputée LFI, visée par une procédure pour apologie.

Un passé encombrant ressurgit dans l’actualité française

La mort de Kozo Okamoto, figure historique de l’Armée rouge japonaise et co-auteur de l’attentat meurtrier perpétré à l’aéroport de Tel-Aviv en 1972, a été officiellement annoncée ce jeudi depuis Beyrouth. L’information, relayée par les médias internationaux, intervient alors que son nom circule depuis plusieurs semaines dans le débat politique français, provoquant une onde de choc médiatique et juridique. Cet événement s’inscrit dans un contexte où la question de la glorification du terrorisme, déjà sensible en Europe, se trouve une fois de plus au cœur des tensions politiques.

L’Armée rouge japonaise (ARJ), dont Okamoto était un membre emblématique, avait mené cet attentat au nom du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), un groupe armé classé comme terroriste par de nombreux pays occidentaux, dont la France. L’attaque, qui avait causé la mort de 26 personnes, dont des civils israéliens et un touriste italien, avait marqué l’histoire du conflit israélo-palestinien. Okamoto, arrêté puis libéré dans le cadre d’un échange de prisonniers en 1985, avait ensuite vécu au Liban, où il est décédé dans des circonstances encore floues.

Une citation qui fait polémique

C’est dans ce contexte que l’eurodéputée Rima Hassan, membre du groupe La France Insoumise (LFI) et connue pour ses prises de position pro-palestiniennes, avait partagé fin mars sur X (ex-Twitter) une citation attribuée à Okamoto. Le message, aujourd’hui supprimé, reprenait des propos du militant japonais :

« Kozo Okamoto : J'ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu'il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir. »

Cette publication, qui a rapidement enflammé les réseaux sociaux, a valu à Rima Hassan d’être signalée au parquet pour apologie du terrorisme. Une procédure judiciaire a été engagée à son encontre, alimentant une fois de plus les tensions entre les partisans d’une ligne intransigeante sur la lutte contre le terrorisme et ceux qui, à gauche, défendent une lecture plus nuancée des conflits internationaux.

Le ministre de l’Intérieur, dont le nom n’est pas cité ici pour respecter l’anonymat des sources, ainsi que des associations comme l’Organisation juive européenne (OJE) et la Licra, ont saisi les autorités judiciaires, dénonçant une minimisation des crimes terroristes. La polémique s’est rapidement étendue au-delà des frontières hexagonales, attirant l’attention des institutions européennes sur les limites à donner au débat démocratique.

Un débat qui divise l’Europe

Cette affaire survient alors que l’Union européenne tente de concilier liberté d’expression et lutte contre l’apologie du terrorisme, un sujet particulièrement épineux depuis les attentats des dernières décennies. Certains pays, comme la Hongrie ou la Pologne, ont adopté des législations restrictives sous prétexte de sécurité, tandis que d’autres, à l’instar de la France, oscillent entre fermeté et respect des principes républicains.

Dans un contexte où l’extrême droite gagne du terrain dans plusieurs États membres, la question de la radicalisation des discours devient un enjeu majeur. Les défenseurs des droits humains s’inquiètent d’une possible instrumentalisation de ces affaires pour restreindre les libertés, tandis que les partisans d’une ligne dure sur le terrorisme estiment que toute ambiguïté est inacceptable. L’affaire Okamoto-Rima Hassan cristallise ces tensions, révélant les fractures idéologiques qui traversent le continent.

Le FPLP, un groupe toujours actif dans l’ombre

Le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), auquel Kozo Okamoto a appartenu, reste un acteur marginal mais toujours présent dans le paysage politique palestinien. Bien que moins médiatisé que le Hamas ou le Jihad islamique, ses actions, comme l’attentat de 1972, ont marqué l’histoire des conflits au Proche-Orient. Le groupe, classé comme terroriste par l’Union européenne et les États-Unis, continue de revendiquer une résistance armée contre Israël, tout en participant à la vie politique palestinienne.

Son idéologie, mêlant marxisme et nationalisme palestinien, a séduit certains mouvements de gauche en Europe, notamment dans les années 1970 et 1980. Aujourd’hui, son héritage divise : pour ses partisans, il incarne la lutte contre l’occupation israélienne, tandis que ses détracteurs y voient une organisation criminelle sans lendemain. L’Armée rouge japonaise, elle, a été dissoute dans les années 2000, mais son passé continue de hanter les relations internationales.

La France face à ses contradictions

Cette affaire pose une question fondamentale à la France : comment concilier mémoire des luttes anticoloniales et rejet absolu du terrorisme ? Le pays, qui a longtemps soutenu les mouvements de libération nationale en Afrique et au Moyen-Orient, se retrouve aujourd’hui tiraillé entre son histoire et ses engagements récents en matière de sécurité.

Emmanuel Macron, dont la politique étrangère est souvent critiquée pour son manque de cohérence, se trouve une fois de plus confronté à un dilemme. Faut-il condamner sans réserve toute glorification du passé terroriste, au risque de froisser des alliés historiques ? Ou faut-il, au contraire, reconnaître les nuances d’un conflit vieux de plus de soixante-dix ans ?

La procédure judiciaire contre Rima Hassan pourrait bien servir de test. Si elle est condamnée, ce serait un signal fort envoyé à ceux qui, à gauche, osent encore évoquer les résistances armées sans toujours en mesurer les conséquences. Si elle est relaxée, ce serait une victoire pour les défenseurs d’un débat décomplexé, mais aussi un aveu d’impuissance face à la montée des discours extrémistes.

Un héritage qui dépasse les frontières

La mort de Kozo Okamoto rappelle que les conflits du passé ne sont jamais vraiment enterrés. Son engagement aux côtés du FPLP, tout comme celui de nombreux militants japonais ou européens de l’époque, s’inscrivait dans une logique de solidarité internationale avec la cause palestinienne. Une solidarité qui, aujourd’hui encore, anime certains cercles politiques, notamment en Europe du Nord et en Amérique latine.

Pourtant, les réalités ont changé. Israël, bien que toujours critiqué pour sa politique de colonisation, est aujourd’hui un État membre de l’ONU et un allié stratégique des puissances occidentales. La cause palestinienne, elle, reste plus que jamais d’actualité, mais les moyens pour y parvenir font débat. Faut-il privilégier la négociation ou la résistance armée ? La question divise même au sein de la gauche européenne.

En France, où le gouvernement Lecornu II tente de naviguer entre fermeté sécuritaire et ouverture diplomatique, l’affaire Okamoto-Rima Hassan illustre les tensions qui traversent la société. Entre mémoire militante et réalpolitik, le pays doit trouver un équilibre. Une chose est sûre : le débat est loin d’être clos.

À propos de l'auteur

SilverLining

On me demande souvent comment je garde espoir face au désastre politique actuel. Ma réponse est simple : je vois ce qui se passe sur le terrain. Des citoyens qui s'organisent, des collectifs qui naissent, des alternatives qui émergent. La politique ne se résume pas aux jeux de pouvoir parisiens. Partout en France, des gens refusent la résignation et inventent autre chose. C'est cette France-là que je documente, celle qui ne fait jamais les gros titres mais qui prépare le monde d'après.

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Commentaires (9)

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EyeToEye71

il y a 3 minutes

D'un côté, glorifier un terroriste est inacceptable. De l'autre, la France a bien eu des échanges avec des figures controversées (cf. l'affaire des otages au Liban dans les années 80). La question n'est pas seulement morale, mais aussi stratégique : comment éviter que ces mémoires ne deviennent des outils politiques ?

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L

Lacannerie

il y a 20 minutes

Encore un sujet qui va faire réagir les deux camps... bon. Moi je dis : si on passe notre temps à compter les morts de 1972, on va finir par être en retard sur 2024. Encore...

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WordSmith

il y a 44 minutes

noooon mais rly ??? une eurodéputée qui se fait niquer pour apologie du terrorisme et le débat porte sur la mort d'un terroriste ??? on a perdu le nord ou bien c'est moi ???

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Etchecopar

il y a 50 minutes

saaaaa mais pourquoi on reparle de ce truc sans arrêt ??? c'est fini tout ça aaaah !!! on a autre chose à faire que de gérer les fantômes des années 70 ???

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Reminiscence

il y a 1 heure

En 72, on parlait déjà de 'martyrs'. Aujourd'hui, on a juste remplacé le mot par 'résistant'. La boucle est bouclée.

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julien-sorel-3

il y a 1 heure

@pkd-36 Le problème c'est que tu mélanges tout ! Okamoto était un combattant anti-impérialiste pour beaucoup de militants. C'est pas parce qu'il a fait un attentat que c'est un monstre sans cause. L'histoire est toujours plus complexe qu'un tweet de 280 caractères.

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P

PKD-36

il y a 1 heure

Quand on voit comment certains médias transforment un terroriste en 'figure historique' juste parce qu'il a survécu 50 ans... pff. L'histoire est écrite par les vainqueurs, et visiblement aujourd'hui on a oublié qui était le vainqueur en 72. Mdr.

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Ben_440

il y a 1 heure

Ce cas soulève une question cruciale : la France doit-elle continuer à dialoguer avec des régimes qui abritent d'anciens terroristes ? L'exemple de la Syrie, où Okamoto a fini ses jours, montre que certains pays instrumentalisent encore ces figures pour des raisons géopolitiques. Cela rappelle notre propre gestion des anciens de Daech... une politique du 'on verra plus tard'.

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Nuage Errant

il y a 2 heures

aaaah mais nooooon cette nouvelle me fait gerber !!! pk en 2024 on parle encore de ce genre de mec ??? ils vont JAMAIS arrêter avec leur passé ??? nooooon sérieuusxx ???

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