Un discours martial pour une Europe en péril
Face à un monde en mutation, Emmanuel Macron a tenu un discours sans ambiguïté lors de ses vœux aux armées, jeudi 15 janvier. Dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes, le président a martelé la nécessité pour la France de se doter d’une puissance militaire crédible, tout en dénonçant les menaces pesant sur l’Europe.
« Pour être craint, il faut être puissant »
Citant une phrase devenue emblématique, Macron a affirmé :
« Pour rester libre, il faut être craint. Pour être craint, il faut être puissant. »
Une déclaration qui s’inscrit dans la continuité de sa stratégie de fermeté face aux puissances rivales, notamment la Russie et la Chine, mais aussi face à certaines dérives des États-Unis, accusés de nouveau colonialisme.
36 milliards d’euros supplémentaires pour la Défense
Le chef de l’État a annoncé une hausse historique du budget militaire, avec un effort supplémentaire de 36 milliards d’euros prévu pour la période 2026-2030. Cette décision intervient dans un contexte où la France doit faire face à des défis sécuritaires croissants, notamment en Europe de l’Est et en Méditerranée.
« L’actualisation de la loi de programmation militaire portera ce changement d’échelle », a-t-il souligné, rappelant que la France ne pouvait rester spectatrice des bouleversements mondiaux.
Un appel aux industriels de l’armement
Macron a également lancé un appel pressant aux industriels de l’armement, leur demandant de produire plus vite et en volume. Une injonction qui s’inscrit dans une logique de souveraineté stratégique, alors que les tensions commerciales et technologiques avec la Chine et les États-Unis s’intensifient.
« Certains pays, y compris parmi nos alliés, adoptent des discours qui sèment le doute », a-t-il ajouté, sans nommer explicitement les États-Unis, mais en faisant référence à leurs politiques commerciales et militaires jugées agressives.
La France face aux défis européens
Dans un contexte où l’Europe peine à trouver une voix unie, Macron a réaffirmé la nécessité d’une défense européenne renforcée. Une position qui contraste avec les réticences de certains pays, comme la Hongrie, à s’engager pleinement dans une stratégie commune.
« L’Europe doit se doter des moyens de sa liberté », a-t-il déclaré, soulignant que la France ne pouvait assumer seule la défense du continent face aux menaces russes et chinoises.
Une réponse aux critiques de l’opposition
Cette annonce intervient alors que l’opposition de droite et d’extrême droite, notamment Marine Le Pen, accuse le gouvernement de ne pas suffisamment investir dans la défense nationale. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a toutefois défendu la politique du gouvernement, rappelant que la France était déjà l’un des pays européens les plus engagés dans le domaine militaire.
« Nous ne pouvons pas laisser nos forces armées dans l’incertitude budgétaire », a-t-il déclaré, en référence aux critiques récurrentes sur le manque de moyens alloués aux soldats.
Un message pour la jeunesse
Macron a enfin adressé un message aux jeunes générations, les appelant à s’engager dans les forces armées. « Les jeunes de 20 ans veulent du sens », a-t-il rappelé, citant le général Pierre de Villiers, en référence à la nécessité de donner un sens politique et moral à l’effort militaire.
Une déclaration qui s’inscrit dans une volonté plus large de renouer le lien entre la société civile et les armées, alors que la France fait face à une crise des vocations politiques et à un désengagement croissant des jeunes dans les institutions.