Un changement de classification contesté
La France insoumise (LFI) a vivement réagi à sa classification en tant que mouvement d'extrême gauche par le ministère de l'Intérieur pour les élections municipales de mars prochain. Une décision qualifiée de manipulation politique par Jean-Luc Mélenchon, qui rappelle que son parti a toujours été classé à gauche lors des précédents scrutins.
Un recours déposé devant le Conseil d'État
Le mouvement insoumis a annoncé déposer un recours devant le Conseil d'État, la plus haute juridiction administrative française. En mars 2024, cette instance avait pourtant validé le classement de LFI comme mouvement de gauche. Une incohérence qui interroge sur les motivations réelles de ce changement.
Une circulaire controversée
La circulaire du ministère de l'Intérieur, datée du 2 février, précise que cette classification s'applique également aux élections métropolitaines de Lyon et aux élections d'arrondissements de Paris, Lyon et Marseille. LFI se retrouve ainsi classée aux côtés de Lutte ouvrière et du Nouveau Parti anticapitaliste, tandis que le Parti communiste français est rangé dans le bloc de gauche.
Des réactions indignées
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, 'innove et trouble l'ordre public électoral en changeant les étiquettes sur les partis politiques', a déclaré Jean-Luc Mélenchon sur le réseau X.
Les cadres insoumis ont partagé l'indignation du fondateur de leur parti. Aurélien Saintoul, député, a évoqué une manipulation scandaleuse, tandis que Manuel Bompard, coordinateur du mouvement, a parlé de magouille. Éric Coquerel, président de la commission des finances, a affirmé que LFI n'a jamais été un parti d'extrême gauche.
Un soutien de la gauche
Certains députés de gauche ont apporté leur soutien aux responsables insoumis. Benjamin Lucas, député écologiste, a critiqué le ministre de l'Intérieur, l'accusant de banaliser l'extrême droite et de mal connaître l'histoire républicaine de la gauche.
Le ministère de l'Intérieur reste silencieux
Interrogé sur ce changement de qualification, le ministère de l'Intérieur n'a pas répondu. En décembre dernier, il avait pourtant assuré que le nuançage politique avait pour seul objet de faciliter l'agrégation et la présentation des résultats d'un scrutin.
Un contexte politique tendu
Cette polémique intervient dans un contexte de crise de la démocratie locale, alors que les élections municipales approchent. Le gouvernement de Sébastien Lecornu est déjà sous le feu des critiques pour sa gestion des crises agricoles et sanitaires. Une nouvelle affaire qui pourrait alimenter les tensions politiques à quelques mois des élections.