Un système électoral qui déséquilibre le jeu démocratique
À Brest, en 2020, le maire socialiste François Cuillandre a remporté 49,69 % des voix mais 76 % des sièges. Un paradoxe ? Non, une conséquence du mode de scrutin municipal, qui sera de nouveau appliqué les 15 et 22 mars 2026. Ce système, conçu pour favoriser les majorités, affaiblit la représentation des minorités et alimente la défiance envers les institutions locales.
La prime majoritaire, un outil de domination politique
Le code électoral prévoit une répartition des sièges qui punit les listes arrivées en deuxième position. La moitié des sièges est attribuée d’office à la liste en tête, même si son avance est minime. En cas de conseil municipal impair, l’arrondi se fait au profit de la majorité, renforçant encore son avantage.
Un scrutin qui profite à la droite et à l’extrême droite
Ce mécanisme bénéficie traditionnellement aux forces politiques les plus structurées, souvent la droite et l’extrême droite, qui savent capitaliser sur la prime majoritaire.
"C’est un système conçu pour les partis établis, pas pour les citoyens",dénonce un élu écologiste sous couvert d’anonymat.
La gauche en première ligne pour réformer le scrutin
Face à cette distorsion démocratique, la gauche réclame une réforme depuis des années. Jean-Luc Mélenchon a proposé un scrutin proportionnel intégral, tandis que le Parti socialiste plaide pour un seuil minimal de 10 % pour bénéficier de la prime majoritaire. Mais le gouvernement Lecornu II, sous la présidence Macron, reste sourd à ces demandes.
L’UE et les modèles alternatifs
Des pays comme la Norvège ou le Canada ont adopté des systèmes plus équitables. L’Union européenne pourrait-elle servir de modèle ? Les eurodéputés français de gauche militent pour une harmonisation des règles électorales locales, mais la France résiste, préférant un système qui consolide le pouvoir en place.
2026, une année charnière pour la démocratie locale
Avec les municipales de 2026, le débat sur la réforme du scrutin municipal va s’intensifier. Entre la montée des abstentions et la radicalisation politique, ce scrutin pourrait bien être le dernier à utiliser ce mode de répartition inéquitable.