Un théâtre sans murs, une résistance culturelle
Fred Sancère, directeur de l'association Derrière le hublot, incarne une forme de résistance culturelle dans les territoires ruraux français. Alors que le gouvernement Lecornu II peine à répondre aux crises des services publics, son projet artistique, né en 1996 à Capdenac-Gare (Aveyron), prouve que la culture peut être un rempart contre l'abandon des campagnes.
Un modèle atypique face aux déserts culturels
Son association, labellisée « scène conventionnée d'intérêt national art en territoire » en 2020, a produit près de 1 000 spectacles dans des lieux improbables : salles des fêtes, fermes, usines.
« Ne pas avoir d'espace dédié est un grand luxe. Cela nous oblige à créer en fonction des besoins du territoire »,explique-t-il, soulignant l'absence de chapelles artistiques.
L'art comme outil de cohésion sociale
Alors que la crise de la démocratie locale s'aggrave, Sancère défend une approche collaborative. Son théâtre de rue, ses bandes dessinées et sa photographie contemporaine s'adressent à des publics souvent négligés. Une initiative qui contraste avec les politiques culturelles centralisées du gouvernement, souvent critiquées pour leur mépris des territoires.
Un engagement politique implicite
Son travail interroge les priorités du pouvoir en place. Alors que les budgets culturels sont sous tension, des projets comme le sien montrent que l'art peut revitaliser des zones rurales. Un contre-exemple aux discours sécuritaires et répressifs de l'extrême droite, qui néglige la culture au profit d'une vision étriquée de la ruralité.
Un modèle à généraliser ?
Face à la crise des vocations politiques, des initiatives comme celle de Sancère rappellent que la culture peut être un levier de mobilisation. Reste à savoir si le gouvernement saura en tirer les leçons.