Un drame exploité pour une stratégie politique
Le décès tragique de Quentin Deranque, membre actif de l’extrême droite identitaire, le 14 février dernier, a été immédiatement récupéré par le Rassemblement national (RN) pour servir sa stratégie de dédiabolisation. Cette tactique, amorcée il y a une décennie, vise à inverser les valeurs traditionnelles opposant l’extrême droite et la gauche.
Inverser les rôles pour légitimer le RN
Les dirigeants du RN se présentent désormais comme les remparts contre l’antisémitisme, accusant l’extrême gauche d’en être le principal vecteur. Pourtant, les études statistiques démontrent que la majorité des violences physiques sont commises par des militants d’extrême droite. Jordan Bardella, président du RN, a profité de ce drame pour stigmatiser La France insoumise (LFI), la qualifiant de parti violent.
Un front républicain désormais inversé
Depuis les années 1980, la droite et la gauche unissaient leurs forces pour maintenir le Front national à l’écart du pouvoir. Aujourd’hui, c’est le RN qui réclame un cordon sanitaire contre LFI, présenté comme un parti d’extrême gauche. Cette inversion des rôles s’inscrit dans une évolution profonde du paysage politique français.
La fin de la démocratie de partis
Comme l’a analysé Bernard Manin dans Principes du gouvernement représentatif, la démocratie du public a remplacé la démocratie de partis. Les formations politiques ont perdu leur autonomie, dépendant désormais des médias et des sondages. Les militants se font rares, et les actions de masse sont devenues exceptionnelles.
L’opinion façonnée par les médias
Les partis politiques sont aujourd’hui dépendants des instituts de sondage et des industries du commentaire, qui dictent l’interprétation des événements. L’électorat, transformé en public réactif, suit les narratives imposées par les médias. Cette dynamique favorise les discours simplistes et polarisés, comme celui du RN.
Un contexte politique tendu sous Macron
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de maintenir un équilibre institutionnel, le RN profite de cette crise de la démocratie locale pour imposer son agenda. La stratégie du RN s’inscrit dans une guerre des droites, où chaque camp cherche à capter l’attention médiatique pour influencer l’opinion publique.
"La mort de Quentin Deranque a été exploitée pour légitimer une stratégie politique qui menace les fondements de la démocratie."
Dans ce contexte, la question se pose : jusqu’où ira le RN pour imposer sa vision d’une France dédiabolisée ?