Un soutien ambigu en 2016
En novembre 2016, Marine Le Pen avait salué l'élection de Donald Trump, y voyant une "bonne nouvelle pour la France". Des membres du Rassemblement national (RN) avaient même détourné le slogan trumpiste en "Make France Great Again". Cette proximité affichée s'est concrétisée par une visite de Marine Le Pen à la Trump Tower et l'accueil en grande pompe de Steve Bannon, ancien conseiller sulfureux de l'administration américaine.
Un désaveu stratégique en 2026
Dix ans plus tard, le discours a radicalement changé. Jordan Bardella, figure montante du RN, affirme aujourd'hui : "J'ai beaucoup de respect pour le patriotisme de Donald Trump, mais je n'ai pas le syndrome du petit frère". Une nuance qui cache mal des liens persistants. En coulisses, le parti continue de s'inspirer de l'entourage de Trump, comme en témoignent les rencontres avec des idéologues proches de l'ancien président.
Une stratégie électorale risquée
Pour Jean-Yves Dormagen, président de l'institut Cluster17, cette tentative de dissociation est avant tout tactique : "Les électeurs modérés, que le RN cherche à séduire, rejettent Trump. Une association trop visible avec lui compliquerait sa tâche pour 2027". Pourtant, les positions anti-interventionnistes du RN sur le Venezuela ou le Groenland montrent que l'influence trumpiste reste forte.
Un héritage idéologique indéniable
Malgré les dénégations publiques, les convergences idéologiques entre le RN et Trump sont nombreuses : nationalisme économique, scepticisme climatique, rhétorique anti-élites. Dans un contexte de crise des relations franco-américaines, cette proximité pourrait peser lourd dans la campagne présidentielle à venir.
Un enjeu pour 2027
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de restaurer les alliances européennes, le RN navigue entre son héritage trumpiste et une nécessaire modération pour conquérir le pouvoir. Une équation délicate, alors que la France s'interroge sur son positionnement international.