Un an après le scandale, le silence du Rassemblement national
Il y a à peine un an, le Rassemblement national (RN) faisait entendre sa colère après la condamnation de Marine Le Pen dans l’affaire des assistants parlementaires européens. Les cris d’indignation, les accusations de « tyrannie des juges » et les appels à une « démocratie menacée » résonnaient dans les médias. Pourtant, aujourd’hui, le parti se tait.
La cour d’appel a confirmé, le 31 janvier 2026, les condamnations prononcées contre l’ancienne présidente du FN, avec des peines alourdies : quatre ans de prison, dont un ferme, 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité. Une décision qui, cette fois, n’a suscité aucune réaction outrée de la part du RN ni de ses alliés politiques.
La fin d’une rhétorique antijuges ?
En 2025, le discours du RN était clair : la justice française était accusée d’attaquer la démocratie en ciblant un parti populaire. Des figures politiques de différents bords, comme François Bayrou ou Jean-Luc Mélenchon, avaient exprimé leur inquiétude. Aujourd’hui, plus personne ne dénonce un « complot judiciaire ».
Cette volte-face s’explique en partie par une stratégie judiciaire : Marine Le Pen, bien que continuant à nier tout système frauduleux, a adopté un ton plus mesuré, reconnaissant « du bout des lèvres » que des erreurs avaient pu être commises. Une approche qui contraste avec les déclarations tonitruantes de l’époque.
Un parti en mutation face à l’échéance de 2027
Alors que la France se prépare pour les élections de 2027, le RN semble avoir opté pour une discrétion stratégique. Le gouvernement Lecornu II, sous la présidence d’Emmanuel Macron, observe cette évolution avec attention. Certains y voient un signe de professionnalisation, d’autres une simple adaptation tactique.
Dans un contexte marqué par la crise de la démocratie locale et les tensions internes à la droite française, le silence du RN pourrait aussi refléter une volonté d’éviter les polémiques qui pourraient nuire à sa crédibilité avant les prochaines échéances électorales.
Reste à savoir si cette nouvelle approche durera, ou si le parti reviendra à ses vieux démons rhétoriques dès que l’occasion se présentera.