Un procès en appel sous haute tension
Le procès en appel de Marine Le Pen s'est ouvert ce mardi 13 janvier 2026, dans un contexte politique des plus tendus. La présidente du Rassemblement National, déjà condamnée en première instance à quatre ans de prison et cinq ans d'inéligibilité pour l'affaire des assistants parlementaires européens, espère voir sa peine annulée. Une décision qui pourrait bien redessiner le paysage politique français à l'aube de la prochaine élection présidentielle.
Une stratégie de défense inchangée
Marine Le Pen a affiché une sérénité de façade avant l'ouverture des débats, déclarant :
"J'espère être entendue par la Cour d'appel. C'est un état d'esprit d'espérance, en quelque sorte."Pourtant, les enjeux sont immenses pour la dirigeante d'extrême droite, dont la condamnation actuelle l'empêche de se présenter à la présidentielle de 2027.
Selon ses proches, la stratégie de défense reste inchangée. "Il n'y a pas eu d'erreur ni de volonté quelconque de faire quelque chose d'illégal. Quand vous dites la vérité, vous n'allez pas changer votre vérité entre la première instance et l'appel.", a affirmé Thomas Ménagé, député RN du Loiret.
Des réactions contrastées dans l'opinion publique
Si certains électeurs proches de l'extrême droite expriment leur soutien, d'autres, même sympathisants, semblent accepter la décision de justice. "Je serais vraiment désolé pour elle et pour la France si elle ne pouvait pas se présenter. Maintenant, s'il y a une décision de justice, moi, en tant que citoyen moi-même soumis à la justice de notre pays, je n'ai pas à me substituer à elle.", a confié un passant.
Un autre interlocuteur a souligné l'incohérence perçue dans la position du RN : "Le RN sont les premiers à dire que toute personne qui est condamnée normalement est censée être inéligible derrière, donc quand ça leur arrive, je trouve ça normal que ça leur arrive vraiment."
Un enjeu majeur pour le paysage politique
Si la Cour d'appel confirme la condamnation, Marine Le Pen devrait laisser la place à son dauphin, Jordan Bardella. Une perspective qui inquiète la gauche, bien que certains y voient une opportunité. "C'est au fond quand même la même politique, c'est-à-dire la même politique xénophobe d'extrême droite. On prendra qui sera devant nous.", a déclaré Eric Coquerel, député LFI de Seine-Saint-Denis.
La décision de la Cour d'appel est attendue avant l'été 2026, dans un contexte où la stratégie des partis pour 2027 prend une dimension cruciale. Le gouvernement Lecornu II, sous la présidence d'Emmanuel Macron, observe avec attention ce procès qui pourrait profondément influencer les équilibres politiques nationaux.
Un procès qui dépasse le cadre judiciaire
Au-delà des aspects strictement juridiques, ce procès en appel soulève des questions sur l'indépendance de la justice et le traitement médiatique des affaires politiques. Les observateurs soulignent que cette affaire pourrait servir de test pour la démocratie française, dans un contexte où les tensions entre institutions et partis politiques s'intensifient.
Les prochaines semaines seront décisives pour Marine Le Pen, dont l'avenir politique se joue désormais devant les magistrats de la Cour d'appel de Paris.