L’alliance des droites, seul espoir pour Ciotti face à l’effondrement de LR
Dans un entretien télévisé marquant diffusé ce mercredi 22 avril 2026 sur France 2, Éric Ciotti, maire de Nice et figure montante de l’Union des droites pour la République (UDR), a une fois de plus enfoncé le clou : les Républicains (LR) ne sont plus qu’un vestige d’un parti autrefois dominant, incapable de peser dans le paysage politique national. Pire, selon lui, ils seraient désormais réduits à un simple satellite des macronistes, avec sept ministres dans le gouvernement actuel. Une situation qu’il qualifie de « trahison des valeurs historiques de la droite française ».
Un partiLR « détruit de l’intérieur », selon Ciotti
Bruno Retailleau, désigné candidat des Républicains pour la présidentielle de 2027, a été sommé par Ciotti de rejoindre une alliance unifiée de la droite et de l’extrême droite. Une proposition rejetée d’avance, selon l’intéressé, qui serait « prisonnier du système » incarné par les anciennes figures du parti, comme Valérie Pécresse, Jean-François Copé ou Xavier Bertrand. Ces derniers, bien que se revendiquant de droite, auraient selon Ciotti mené des politiques « de gauche » lorsqu’ils étaient au pouvoir. «
LR a disparu. Il n’existe plus qu’à l’état de petit parti marginalisé, allié aux macronistes. Leur refus de s’allier avec les forces vives de la droite radicale a précipité leur déclin.»
À l’inverse, Ciotti met en avant la victoire électorale de son alliance UDR-Rassemblement National (RN) à Nice, preuve selon lui que « l’union des droites fonctionne ». Une stratégie qu’il compte étendre à l’échelle nationale, malgré les critiques acerbes de ses adversaires politiques.
Crise des carburants : Ciotti accuse l’État de « surfiscalisation »
Sur le front économique, Ciotti a fustigé la gestion gouvernementale de la crise des carburants, qualifiant les mesures d’aide aux automobilistes de « compliquées et inefficaces ». Pour lui, la solution est simple : une baisse de la TVA sur les carburants, comme l’ont fait l’Allemagne et l’Espagne. «
L’État s’enrichit sur le dos des Français en taxant les carburants à outrance. Chaque litre acheté rapporte près de 1,40 euro à l’État. C’est indécent.»
Il a également pointé du doigt le coût de l’immigration et les « dépenses inutiles » de l’État, proposant de financer cette baisse fiscale par des économies budgétaires. «
Il faut baisser les impôts et réduire le gaspillage public. Nice donne l’exemple avec une baisse de 20 % de la taxe foncière, soit 50 millions d’euros rendus aux contribuables.»
Interrogé sur le lien entre la guerre en Ukraine et l’augmentation des prix de l’énergie, Ciotti a reconnu le coût du conflit, mais a rappelé que la priorité devait être la renforcement des moyens militaires. Il a critiqué le retard technologique de l’armée française, notamment en matière de stocks de munitions et d’acquisition de Rafale, restés stables malgré les promesses.
Nice en lice pour les JO 2030 : le hockey sur glace en suspens
Autre sujet d’actualité locale, Éric Ciotti a confirmé que Nice brigue l’organisation de certaines épreuves des Jeux Olympiques d’hiver 2030, avec notamment la possibilité d’accueillir le hockey sur glace. Une ambition qui se heurte à des contraintes logistiques, notamment la disponibilité de l’Allianz Riviera, stade emblématique du football niçois. «
Nous travaillons avec les équipes du Comité d’Organisation des Jeux Olympiques (Cojo) et de la Solideo pour trouver une solution viable, probablement entre le stade Charlemagne ou le stade Arboras.»
Le maire a assuré que les contraintes du Comité International Olympique (CIO) seraient respectées, malgré les différences politiques avec Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Une collaboration qui, selon lui, dépasse les clivages partisans.
Une droite unie face à la macronie ?
Les déclarations de Ciotti s’inscrivent dans un contexte de recomposition politique alors que la présidentielle de 2027 se profile. Son alliance avec le RN, bien que controversée, semble aujourd’hui la seule stratégie viable pour réunir une droite radicale et conservatrice. Une dynamique que les observateurs politiques qualifient de « tournant autoritaire », alors que les sondages donnent toujours Emmanuel Macron en tête pour un troisième mandat.
Pourtant, Ciotti mise sur l’électorat populaire, excédé par le pouvoir d’achat et les dépenses publiques jugées excessives. «
Les Français en ont assez des impôts et des gaspillages. Ils veulent une droite ferme, qui défend leurs intérêts.»
Une rhétorique qui résonne particulièrement dans les régions touchées par la désindustrialisation et la crise sociale, où le RN réalise des scores historiques.
Réactions et critiques : la gauche dénonce un « virage dangereux »
Du côté des opposants, les critiques fusent. Les partis de gauche, comme le Parti Socialiste ou La France Insoumise, accusent Ciotti de « démagogie fiscale » et de « mépris pour les services publics ». «
Proposer une baisse de TVA financée par des économies sur la santé ou l’éducation, c’est une fuite en avant. Les ménages modestes paieront le prix fort.», a réagi un porte-parole socialiste sous couvert d’anonymat.
Les écologistes, quant à eux, pointent du doigt le manque de cohérence écologique dans le discours de Ciotti, qui prône une baisse des taxes sur les carburants sans proposer de contrepartie verte. «
C’est la même logique productiviste qui nous a menés dans le mur climatique.»
Enfin, le gouvernement, par la voix du Premier ministre Sébastien Lecornu, a réaffirmé son attachement à une « réponse équilibrée » aux crises sociales et économiques. Une position qui semble de plus en plus fragile face à la montée des tensions politiques.
Un paysage politique en ébullition
Alors que les Républicains s’enfoncent dans une crise identitaire, et que le Rassemblement National gagne du terrain dans les sondages, la France s’interroge : vers quel modèle politique se dirige-t-elle ? Entre libéralisme économique, conservatisme sociétal et radicalisation des discours, les lignes de fracture se creusent.
Pour Éric Ciotti, l’alliance des droites est devenue une nécessité. Pour ses détracteurs, elle n’est qu’un symptôme de plus d’une démocratie en crise.
Reste à savoir si les électeurs, lassés par des années de divisions, seront séduits par cette nouvelle offre politique. Une chose est sûre : l’année 2027 s’annonce comme un tournant pour la Ve République.