Un débat électrique sous le choc de la mort de Quentin Deranque
À moins de trois semaines des élections municipales, la ville de Lyon est le théâtre d’une bataille politique intense. Mardi 24 février, lors d’un débat télévisé, le maire écologiste sortant, Grégory Doucet, a marqué un tournant en déclarant sa disposition à s’allier avec La France insoumise (LFI) au second tour, sous certaines conditions.
Une alliance historique en suspens
Interrogé sur une possible fusion des listes avec Anaïs Belouassa Cherifi, candidate insoumise, Doucet a répondu pour la première fois clairement : « Oui, mais à certaines conditions ». Il a insisté sur l’absence de toute implication dans des violences au sein de l’équipe de sa potentielle alliée. « Le soir du premier tour, les Lyonnais et les Lyonnaises nous auront envoyé un message », a-t-il ajouté, soulignant la nécessité d’écouter la volonté populaire.
Un contexte explosif après la mort de Quentin Deranque
Le débat s’est déroulé dans un climat tendu, marqué par le meurtre de Quentin Deranque, militant d’extrême droite radicale, battu à mort le 12 février. Ce drame a profondément bouleversé la ville et relancé les tensions politiques. La candidate insoumise a été bombardée de questions sur ses liens avec la Jeune Garde antifasciste, dissoute en 2025, dont certains membres sont soupçonnés d’être impliqués dans l’affaire.
« Personne ne doit mourir pour ses idées, je condamne toutes les violences mais je reste une militante antifasciste. »
Jean-Michel Aulas, favori malgré les critiques
Jean-Michel Aulas, ex-président de l’Olympique Lyonnais et candidat soutenu par la droite et le centre droit, reste largement en tête des sondages. Malgré les attaques de ses adversaires, qui l’ont qualifié de « coquille vide » ou « à côté de la plaque », il a su se présenter comme un « candidat de la société civile ». Cependant, son bilan en matière de lutte contre les violences dans les stades a été mis en cause, notamment après la marche pour Quentin Deranque, où des saluts nazis ont été observés.
Le gouvernement sous pression
Emmanuel Macron a demandé au gouvernement Lecornu II de veiller à ce que la campagne se déroule sereinement, alors que vingt-deux permanences parlementaires de LFI ont été dégradées en une dizaine de jours. Le président a également ordonné des procédures de dissolution contre cinq émanations locales de la Jeune Garde, soulignant la gravité de la situation.
Une droite divisée face à l’extrême droite
Alexandre Dupalais, candidat de l’Union des droites pour la République (UDR) allié au Rassemblement national (RN), a tenté de capitaliser sur les tensions. Cependant, ses liens avec l’extrême droite ont été critiqués, notamment après la marche pour Quentin Deranque, où des militants identitaires étaient présents.
Alors que Lyon se prépare pour un second tour incertain, les enjeux dépassent largement le cadre local, reflétant les fractures politiques qui traversent la France en 2026.